La diversification des groupes de construction espagnols devrait porter ses fruits

le 27/02/2008

Au prix d’un endettement élevé, la croissance externe d’ACS et de Ferrovial adoucit l’impact négatif du retournement du BTP

Situation paradoxale pour ACS et Ferrovial. Malgré un résultat net en chute de 55 % pour le premier et une perte de 75 millions d’euros pour le second au cours du quatrième trimestre, les deux plus importants groupes de BTP d’outre-Pyrénées ont semblé retrouver la faveur des investisseurs hier. Dans le cas de Ferrovial particulièrement, comme on le souligne chez JPMorgan, « le soulagement vient d’un contrôle de la dette meilleur qu’attendu », celle-ci ayant baissé de 8 % pour s’élever, en fin d’année, à 30,2 milliards d’euros. Le directeur financier de Ferrovial a spécifié « qu’aucune échéance de paiement ni de besoin de refinancement urgents n’était nécessaire » à la suite du rachat de l’opérateur aéroportuaire britannique BAA pour 13,4 milliards d’euros en cash à l'été 2006. La dette d’ACS a également été légèrement inférieure aux attentes, à 16,6 milliards d’euros au 31 décembre dernier.

Le BTP qui a encore représenté un tiers des ventes d’ACS l’année dernière n’a contribué qu’à hauteur de 18 % à son résultat opérationnel, contre respectivement 28 % et 57 % pour l’énergie grâce à sa participation de 45 % dans le producteur d’électricité Union Fenosa, le reste se partageant entre services industriels, environnementaux et logistiques. Les ventes de la division construction et son résultat opérationnel ont tous deux progressé de 8,9 %, reflétant une exposition plus importante au génie civil ou à la construction non résidentielle, moins sensibles au ralentissement économique que la construction de logements. Sur ce dernier segment, les permis de construire ont en effet chuté de 912.000 en 2006 à 550.000 en 2007 en Espagne.

Chez Ferrovial, le chiffre d’affaires de la construction n’a augmenté que de 1,1 % et son résultat brut d’exploitation a baissé de 2,7 %, mais elle n’a représenté que 12 % du résultat brut d'exploitation (RBE) consolidé pour 34 % des revenus. Le premier contributeur est BAA avec un quart des revenus et 50 % des bénéfices, suivis des autoroutes et parkings (Cintra) avec 23 % du RBE, et enfin des services (15%).

Même si l’intensité capitalistique plus élevée des diversifications effectuées a durablement changé la structure financière des deux groupes, les investisseurs sont donc revenus sur ces titres qui ont gagné 8,6 % pour Ferrovial et 2,4 % pour ACS, après avoir perdu respectivement 45 % et 25 % de leur valeur au cours des douze derniers mois.

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