Les dégradations des assureurs monolines lourdes de conséquences pour les banques

le 07/02/2008

La présence de banques françaises dans les projets de sauvetage des rehausseurs de crédit suscite des interrogations

Les rumeurs de plan de sauvetage des assureurs monoline s’intensifient au rythme des dégradations de leurs notations. Alors que FGIC a été ramené par S&P de AAA à AA, plusieurs banques, selon le Wall Street Journal, discuteraient d'un accord visant à secourir le rehausseur de crédit. Calyon mènerait les discussions. Société Générale y participerait aux côtés de Barclays, UBS et Citigroup. BNP Paribas pourrait se joindre au tour de table.

« Nous sommes étonnés par les rumeurs d’une participation de banques européennes et surtout françaises à un plan de sauvetage d’un assureur monoline américain. D’autant plus que ces dernières n’ont officiellement pas une exposition significative aux rehausseurs de crédit, s'interroge Marie-Pierre Peillon, responsable de l’analyse financière et de crédit chez Groupama AM. De plus, les banques actuellement n’ont ni la solvabilité ni la liquidité pour participer à une recapitalisation de ce type d’acteur dont l’avenir, en termes de génération de revenus, est particulier sombre. » Les banques françaises concernées ne font pas de commentaires.

Le marché évoque aussi un plan de secours d’Ambac qui risque de perdre son AAA. Des dégradations des monolines seraient lourdes de conséquences pour les banques (lire aussi page 9). Selon S&P, les couvertures fournies pour les tranches super-senior de CDO (collateralized debt obligation) sont les plus exposées au risque de pertes. « Jusqu’à présent, les pertes publiées par les banques sur leurs expositions aux CDO étaient des positions non garanties. Cependant, 125 milliards de dollars de CDO liés au subprime et assurés par ces acteurs demeurent concentrés dans les mains d’un nombre relativement petit de banques », note S&P.

Citigroup a ainsi acheté de la protection pour 10 milliards de dollars de tranches super-seniors de CDO et Merrill Lynch a dévoilé 19,9 milliards de couvertures. « La valeur de ces couvertures a augmenté avec la chute des valeurs des CDO sous-jacents qui peut être estimée à 40-60 % des montants notionnels ». Face au risque de contrepartie accru, Citigroup et Merrill Lynch ont gonflé leurs réserves de 0,9 et 3,1 milliards de dollars. Un nouveau renforcement serait nécessaire si les notations des assureurs venaient à être baissées.

A lire aussi