DBRS ferme ses bureaux européens après seulement deux ans

le 10/01/2008

L’agence de notation canadienne assure qu’elle reviendra sur le Vieux Continent dès que les émissions de produits structurés auront repris

Un jour après l’annonce par DBRS de leur fermeture, les bureaux européens de l’agence de notation canadienne à Paris, Francfort et Londres sont déjà vides. La fermeture entraine la suppression de 43 postes, sur les 270 que comptait l’agence - connue auparavant sous le nom de Dominion Bond Rating Services - dans le monde. 27 autres personnes devraient quitter leur fonction au siège, à Toronto. « C’est entièrement dû à la crise de crédit et nous comptons rouvrir des bureaux en Europe dès que les circonstances le permettront », assure-t-on à Toronto, sans vouloir évoquer de date pour un éventuel retour sur le Vieux Continent.

« Nous ne sommes pas les seuls », souligne-t-on chez DBRS. Les trois grands concurrents ont en effet déjà révélé des suppressions de postes suite à la forte baisse des émissions de produits structurés : la dernière annonce en date est celle de Moody’s, qui a affirmé lundi qu’elle se séparait de 275 personnes, soit 7,5 % de son effectif. La couverture des marchés européens de crédit continuera néanmoins chez DBRS, mais depuis l'Amérique du Nord, comme cela était déjà le cas avant l'ouverture des bureaux européens en 2005.

Reste que la crise du crédit a eu raison de cette agence qui s’était lancée avec beaucoup d’optimisme à l’assaut de l’Europe il y a seulement deux ans. Grâce à une approche plus qualitative que quantitative et un prix plus attractif, elle souhaitait conquérir deux bastions : la notation des institutions financières, sous la direction de Sam Theodore, et celle des financements structurés, dirigée par Catherine Gerst, deux transfuges de Moody's. L’ouverture d’un bureau en Espagne et en Italie avait même été évoquée pour améliorer la notation des produits structurés et autres CDO (collaterized debt obligations).

Les sceptiques avaient depuis le début douté de l'utilité d'un quatrième rating, les banques disposant déjà généralement de trois notations financières différentes. L’agence canadienne avait pourtant des objectifs ambitieux, souhaitant couvrir, après quelques années, les cinquante plus grands établissements européens. Rentable dans son marché domestique et n’étant pas cotée, DBRS assurait, lors de son installation en Europe, avoir les moyens de financer son expansion, fruit d’une stratégie à long terme. Une stratégie pour le moment mis en parenthèses.

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