Une date clé dans la crise des crédits

le 14/03/2008

La déconfiture de Carlyle Capital a toutes les chances de compter parmi les dates clés de la crise financière, tant elle illustre les excès commis au plus fort des années folles du crédit et les responsabilités que les divers acteurs y ont prises. Responsabilité de Carlyle Group d’abord, qui après avoir fait appel au marché au plus haut, en juillet 2007, alors que le tonnerre grondait déjà sur les marchés de crédit, a géré sous son propre nom un fonds hypothécaire « léveragé » dans des proportions démesurées (dans le rapport d’un dollar d’apport pour 32 dollars de dettes) pour le laisser faire faillite quelques mois plus tard en mettant en avant qu’il n’en est pas actionnaire direct. A charge bien entendu pour les investisseurs qui lui ont fait confiance de prendre leurs pertes et pour lui-même d’affronter son risque de réputation. Responsabilité des banques d’investissement ensuite, aussi promptes un jour à accorder au fonds ce levier absurde qu’à réclamer le lendemain des appels de marge multipliés. Responsabilité enfin des autorités boursières néerlandaises, qui pour avoir voulu attirer à la cote les fonds en vogue, doivent aujourd’hui se demander en quoi elles ont servi l’intérêt des investisseurs et ce que sera leur attitude en cas de liquidation, désormais quasi certaine, du fonds. Question d’autant plus d’actualité qu’un autre fonds au moins, dans l’orbite de KKR celui-là, bataille lui aussi pour sa survie avec ses créanciers.

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