Un code amendé pour les agences de notation

le 07/02/2008

La démarche de l’OICV s’inscrit dans une réflexion à tous les niveaux sur le rôle des agences de notation. A l’automne dernier, soucieux de tirer les conséquences de la crise, les ministres des Finances de la Commission européenne ont ainsi lancé une réflexion sur les conflits d’intérêts, la transparence des méthodes ou encore les délais de révision des notations, avec un échéancier fixé à avril 2008. A l’échelon international, le Forum de stabilité financière remettra en avril aux membres du G7 ses recommandations sur les leçons à tirer de la crise. Un rapport où le rôle des agences figurera en bonne place. Tout l’enjeu consiste à savoir si les mesures proposées seront coercitives, ou optionnelles, sur le modèle de l’OICV.

L'oligopole constitué de Fitch, Moody’s et Standard & Poor’s a déjà commencé à donner des gages de bonne volonté à ses détracteurs. « Les analystes de S&P ne font aucune activité de conseil », soulignait hier un porte-parole de l’agence à Paris. Hasard du calendrier, S&P doit justement annoncer aujourd’hui un train de mesures relatives à son organisation, à la gouvernance de ses services d’analyse et à la communication de ses décisions au marché.

Les trois grandes agences ont également entrepris de revoir leur manière de noter les produits structurés, en ajustant notamment à la hausse les hypothèses de pertes attachées aux prêts immobiliers qui servent de sous-jacent à ces titres. Moody’s et Fitch ont publié en début de semaine de nouvelles méthodes, ouvertes à consultation, qui sonnent aussi comme un aveu des excès passés (L’Agefi du 6 février). Car en révisant drastiquement l’analyse de produits comme les CDO (collateralized debt obligations), ces institutions reconnaissent que les notes très favorables accordées avant la crise du subprime, et dont elles ont fait leur miel en contribuant à l’explosion des volumes émis jusqu’à la mi-2007, ne reflétaient guère le risque réel porté par l’investisseur. Un CDO jusqu’alors noté AAA par Fitch n’obtiendrait ainsi qu’un BB, soit onze crans de moins, si l’agence appliquait la plus restrictive option de sa nouvelle méthode.

Mais faire amende honorable est une nécessité si ces acteurs veulent tout à la fois éviter la menace réglementaire, restaurer la confiance des investisseurs, et donc retrouver des niveaux d’activités plus rémunérateurs. Car les agences n’échappent pas à la cris: baisse des revenus, suppression d’emplois, fermeture de bureaux européens. Signe des temps, Fitch a discrètement «liquidé» début janvier sa filiale Derivative Fitch, créée en 2006 pour tirer profit de la vogue des structurés.

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