Les chiffres de Gecina ne font pas oublier que des incertitudes demeurent

le 25/02/2008

Le titre a stagné malgré la publication de résultats meilleurs que prévu. Le manque d’avancées sur la séparation avec Metrovacesa peut l’expliquer

En 2007, Gecina a bouclé un exercice bien meilleur que ne l’espéraient les analystes. Forte de revenus de 591,8 millions d’euros (+4,1 %), la foncière a dégagé un excédent brut d’exploitation de 463,6 millions (+11,6 %). La marge fait ainsi un bond en avant, passant de 73 % à plus de 78 %. Le marché n’en espérait pas tant, qui visait un excédent brut de 457 millions. Landsbanki Kepler prévoyait même un solde de seulement 436 millions d’euros. « La différence tient dans les dépenses administratives et de personnel qui sont inférieures de près de 30 millions à nos estimations », explique le bureau dans une note.

Les spécialistes avaient donc de quoi se montrer satisfaits vendredi. D’autant que le groupe a parallèlement fait état d’un niveau d’actif net réévalué (ANR) lui aussi surprenant. En un an, l’ANR par action a progressé de 14 % à 142,55 euros. Le titre ayant dans le même temps perdu 35 %, les ratios de valorisation s’en sont trouvés considérablement modifiés. Désormais, la décote sur ANR approche des 35 %. « Une valorisation apparemment attractive », souligne Kepler Equities.

Pour autant, le marché ne s’est pas enthousiasmé vendredi dernier. Le titre a fini la journée quasi stable (+0,05 % à 94,04 euros). C’est visiblement du côté des grandes manœuvres actuelles qu’il faut chercher les raisons de cette prudence. Comme le rappelle Gecina, un accord de séparation a été décidé l’an passé pour dénouer les liens avec Metrovacesa. Une première étape a été menée à bien à l’automne. Néanmoins, la deuxième phase a été reportée pour des raisons de procédure (en décembre, l’AMF a déclaré non conforme un projet d’offre publique de rachat d’actions déposé par Gecina). Or, les analystes n’ont cessé de rappeler ces derniers mois que la valorisation dépendrait largement du dénouement de l’affaire puisqu’il peut ou non y avoir une offre obligatoire pour les minoritaires (lire L’Agefi des 14 et 17 décembre 2007). Ainsi, « nous recommandons la prudence tant que les termes de la séparation avec Metrovacesa ne seront pas clarifiés », conseille Landsbanki Kepler. L’intermédiaire pense notamment que « Gecina pourrait se lancer dans une croissance externe coûteuse pour diluer Messieurs Rivero et Soler (NDLR : qui devraient franchir à la hausse le seuil des 33,33 % selon l’accord de séparation) » et ainsi « éviter une offre obligatoire sur les actionnaires de Gecina ».

A lire aussi