BNP Paribas assure avoir les moyens de son développement

le 31/01/2008

La banque a réalisé un bénéfice annuel net de 7,8 milliards d’euros. Elle ne prévoit pas pour l’instant de le consacrer à un rachat de la Société Générale

« BNP Paribas n’est pas immune à la crise, mais elle résiste », résume Guillaume Tiberghien, analyste chez Credit Suisse, dans une note. Malgré un recul de 42 % sur le dernier trimestre 2007 (à un milliard d’euros), la banque affiche en effet un bénéfice net en hausse de 7 % pour l’ensemble de l’année, à 7,8 milliards d’euros. Et ce malgré des dépréciations de 1,3 milliard d’euros sur l’ensemble de l’année, un montant bien plus faible que certains de ses concurrents.

Les revenus trimestriels de l’activité de banque de financement et d’investissement (BFI) sont en baisse de 36 %, à 1,4 milliards d’euros, à cause de 589 millions d’euros de dépréciations supplémentaires, dont la plupart (456 millions d’euros) sont liées au risque de contrepartie sur les assureurs monolines. L’exposition nette était de 1,1 milliard d’euros à fin décembre 2007, après une réduction du risque par un achat de protection de 200 millions d’euros. En outre, au niveau du group, le coût du risque a doublé en un an, atteignant 700 millions d’euros.

Baudouin Prot, PDG du groupe, se félicite que la banque poursuive son développement, estimant que la « politique de risque rigoureuse » explique notamment la « performance très satisfaisante en 2007 ». Ainsi, le produit net bancaire du pôle gestion d’actifs a progressé de 21 % sur l’année, avec une collecte nette positive de 23 milliards sur l'année (dont 2 milliards au dernier trimestre). Dans les services financiers et la banque de détail à l'international la progression est de 7,9 %, tandis qu’elle est de 6,5 % chez la filiale italienne BNL et de 4,4 % dans le réseau français. La « solidité financière », avec un ratio tier one estimé à 7,2 %, donne au groupe « les moyens de sa politique de développement », remarque la banque, qui revendique plus de 400 ouvertures ou acquisitions d’agences et 1,7 million de nouveaux clients en 2007.

Elle se refuse par ailleurs toujours au moindre commentaire sur le regain de spéculations sur son éventuel intérêt pour la Société Générale. Le directeur financier de BNP Paribas, Philippe Bordenave, a rappelé à plusieurs reprises que la banque avait décidé de diffuser ses résultats 2007 estimés pour rassurer le marché, mais a renvoyé à la publication des comptes définitifs, prévue le 20 février, pour tout commentaire sur la stratégie du groupe.

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