Bayer reste confiant malgré un bénéfice trois fois moins bon qu’attendu

le 29/02/2008

Une majorité d'analystes est encore à l'achat, en dépit d’un résultat net en recul de 79% à 67 millions d’euros au quatrième trimestre 2007

L'année 2007 est «la meilleure» de Bayer, s’est félicité son PDG, Werner Wenning. Ce dernier a souligné la performance du groupe pharmaco-chimique, qui a dépassé ses propres objectifs. La direction entend offrir un dividende par action unitaire en hausse de 35%, à 1,35 euro, soit 36% de son bénéfice par action ajusté, en ligne avec sa politique de distribution comprise entre 30% et 40%. En plus de ses actionnaires, le groupe de Leverkusen a annoncé qu’il allait partager ce succès avec ses employés à hauteur de 490 millions d’euros dans le cadre de son programme de primes.

Pourtant, à y regarder de plus près, tout n’a pas été aussi rose que ce que le groupe pharmaceutique laisse entendre. En effet, lors du dernier trimestre, l’Ebit hors exceptionnels, bien qu’en hausse de 24% à 774 millions d’euros, a raté le consensus, à 795 millions. Par ailleurs, Bayer a fait état d’un bénéfice net de 67 millions d’euros, contre 311 millions l’année précédente, et alors que le consensus s’attendait à trois fois plus. Cela est en partie dû à l’intégration de Schering, acquis pour 17 milliards d’euros en 2006, et à la hausse des prix des matières premières rendant plus chère la production de certains composants. Par ailleurs, Bayer a était contraint de stopper la semaine dernière une co-étude avec Onyx sur son anticancéreux, le Nexavar, à la suite de tests ayant montré son inefficacité. Le groupe espérait pourtant dégager 750 millions d’euros avec ce produit.

Malgré cela, le groupe se veut «confiant» pour 2008. Il espère réaliser un chiffre d’affaires en hausse de 5% cette année, en données ajustées des effets de devises, et améliorer sa marge d’Ebitda avant éléments exceptionnels. Bayer entend afficher une marge d’Ebitda récurrent de plus de 22% en 2009 pour l’ensemble du groupe, 28% pour le pôle santé, 25% pour son activité semences et cultures, et plus de 18% dans la division polymères où «l’environnement sera plus difficile».

Et si le titre était hier en baisse, Ulle Woener, expert chez Landesbank Baden-Würtemberg, présente Bayer comme «une histoire toujours intéressante», admettant qu’il y a «encore des réductions de coûts à opérer dans les médicaments et la culture chimique», mais que malgré cela, le groupe devrait connaître «la croissance en 2008». Par ailleurs, 21 des 32 analystes qui suivent la valeur pour Bloomberg recommandent le titre à l’achat.

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