Les banques rouvrent la boîte de Pandore

le 20/02/2008

Certains observateurs, comme la Commission fédérale des banques en Suisse, qui s’étaient émus d’une exposition résiduelle de 3,9 milliards de francs suisse, n'excluaient alors pas de nouvelles dépréciations. Moins d’une semaine après, Credit Suisse leur aura donné raison. Un revers qui s’ajoute aux traumatismes causés par la révélation des dépréciations d’UBS (13,7 milliards de dollars au quatrième trimestre 2007), considérée il y a un an encore par ses pairs comme l’une des banques les plus sûres du monde, et par les pertes de trading de la Société Générale.

Au-delà des chiffres, la connaissance par leurs dirigeants de la véritable exposition des banques, et le crédit que l’on peut leur accorder, se trouvent à nouveau mis en débat. Une question de confiance qui, dès le mois d’août, a provoqué les dysfonctionnements que l’on connaît sur les marchés monétaires ou de la titrisation. L’affaire Credit Suisse «porte un nouveau coup au secteur bancaire et en particulier aux banques d’investissement. Il est difficile d’envisager un retour de la confiance des investisseurs à court ou moyen terme si même les banques qui paraissaient se tenir relativement bien sont amenées à réviser à la baisse leurs communiqués précédents et leurs perspectives», se désolent les analystes crédit de Dresdner Kleinwort. Pour des établissements qui misent beaucoup sur le marché porteur de la gestion de fortune, l’effet est regrettable.

Dès lors, dans le cas de Barclays, si des analystes comme Mamoun Tazi de MF Global Securities se disent heureux de voir qu’«il n’y pas de (mauvaises) surprises», d’autres sont plus perplexes et modèrent leurs ardeurs en matière de perspectives.

La prudence s’impose d’autant plus que la boîte de Pandore est loin d’être refermée. Au moins deux autres thèmes risquent de pousser les banques à enregistrer de nouvelles dépréciations dans les semaines qui viennent.

Première source d’inquiétude : les difficultés des rehausseurs de crédit. Le plan avancé par les autorités des Etats-Unis - une scission qui préserverait l’activité d’assurances des obligations municipales américaines - laisserait les financiers aux prises avec les problèmes de l’activité produits structurés. D’ores et déjà, les dégradations de notes des rehausseurs pourraient forcer banques et courtiers à passer des provisions pour contrepartie de 7 à 10 milliards de dollars, selon Moody’s. «Mais sous un scénario de stress plus sévère, ce montant cumulé pourrait atteindre 20 à 30 milliards de dollars», prévient l’agence. Deuxième écueil : la dégradation des indices de prêts LBO depuis le début de l’année laisse entrevoir, là aussi, d’autres provisions.

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