Les banques américaines à la merci du consommateur

le 17/01/2008

« D’un côté, JP Morgan se sort d’une série de problèmes et de dépréciations, mais de l’autre, elle est désormais confrontée à une nouvelle série de difficultés plus significatives, » estimait Mike Mayo, analyste à la Deutsche Bank, passé hier d’une recommandation « acheter » à « conserver ». La banque a porté ses provisions pour créances douteuses sur le crédit à la consommation sur le trimestre à 2,54 milliards de dollars, contre 1,13 milliard l’an dernier, et 1,79 milliard au cours du troisième trimestre. Plus que les montants, la tendance est jugée particulièrement préoccupante. Chase, la banque de détail, affiche un résultat en hausse de 5% à 752 millions de dollars. Mais les provisions sur les crédits immobiliers atteignent 248 millions de dollars et le bénéfice de l’activité de prêt automobile s’effondre de 25%. S’agissant des cartes de crédit, le résultat diminue de 15%, et la proportion des crédits accusant un retard de paiement de plus de 30 jours passe de 3,13 à 3,48% en un an.

JP Morgan est loin d’être un cas isolé. Mardi, Citigroup a dévoilé 5,41 milliards de dollars de provision pour risque crédit, dont 4,1 milliards pour les crédits à la consommation. Wells Fargo & Co, la cinquième banque américaine et la plus importante de la côte ouest des Etats-Unis, s’attend désormais à des pertes de 955 millions de dollars sur les crédits à la consommation et les prêts automobiles, 34% de plus que l’an dernier. La semaine dernière, American Express et Capital One, les deux plus importants distributeurs indépendants de cartes de crédit, ont annoncé que leurs résultats trimestriels seront inférieurs aux prévisions, American Express étant contraint de provisionner 440 millions de dollars pour créances douteuses.

L’agence Fitch Ratings estime à 284 milliards de dollars le total des encours « prime » sur les cartes de crédit. En décembre 2007, 2,91% affichaient un retard de paiement d’au moins 60 jours contre 2,59% un an plus tôt. Ces pourcentages demeurent historiquement bas. Mais « nous nous attendons à ce que la tendance de décembre se prolonge sur l’ensemble de l’année, » prévient Meghan Crowe, analyste chez Fitch Ratings. La baisse de 0,4% des ventes de détail au mois de décembre est venue renforcer l’hypothèse selon laquelle ces difficultés croissantes de financement sont susceptibles de peser sur la consommation. Sachant que celle-ci représente 70% du PIB américain, les économistes de Wall Street y voient le principal facteur susceptible d’entraîner l’économie dans la récession.

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