«2008 est l’année du marché obligataire»

le 29/02/2008

explique Jim Leaviss, directeur des fonds obligataires de M&G, filiale de gestion d'actifs de Prudential

L’Agefi : Quel est votre scénario macroéconomique pour 2008 ?

Jim Leaviss : les récents indicateurs ont montré une dégradation de la crise immobilière outre-Atlantique. Si, historiquement parlant, une telle détérioration de l’immobilier s’est traduite ou a coïncidé avec une récession, celle d’aujourd’hui est la pire depuis la crise de 1929. Les Etats-Unis sont probablement déjà en récession depuis décembre. La Fed pourrait ramener ses taux à 1%, voire à 0%, pour éviter au secteur bancaire une crise systémique et redynamiser la demande de crédit en provenance des consommateurs, moteur de la croissance américaine. Quant à la BCE, son pragmatisme la conduira à baisser ses taux, probablement à 3,50%, dès qu’elle aura les preuves d’un ralentissement économique sérieux de la zone euro.

Ce contexte profitera-t-il au marché obligataire ?

2008 est l’année des obligations, notamment celle des titres souverains européens et des titres corporate «investissement». D’ailleurs, depuis l’éclatement de la crise du crédit, ils ont respectivement crû d’environ 5% et près de 2%, contre -10% pour les dettes high yield et -14% pour l’indice DAX.

Alors que le potentiel de hausse des Treasuries aux Etats-Unis est épuisé (la courbe des taux intègre déjà une récession), les Bunds et les OAT indexés sur l’inflation constituent des actifs sécurisants en cas de récession européenne. Nous évitons les dettes grecque, italienne et espagnole de moins bonne qualité.

Quant aux dettes d’entreprises américaines et européennes «investissement», elles offrent des valorisations attrayantes. Les spreads aux Etats-Unis, qui avoisinent les 250 points de base, contre près de 100 pb avant la crise, intègrent déjà la thèse d’une récession américaine, ce qui limite leur potentiel d’écartement. Cela n’est pas encore le cas des dettes risquées. Nous jouons les entreprises générant de solides cash-flows (télécoms, services aux collectivités) et évitons les secteurs liés à la consommation. Les dettes bancaires subordonnées et les leveraged loans offrent aussi de la valeur.

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