Le Brexit risque de peser sur la croissance britannique

le 13/03/2016

La perspective du référendum sur l'appartenance à l'Union pourrait toucher la croissance en 2016 alors que le PIB a cru de 2,2% en 2015.

La croissance a accéléré au Royaume-Uni en fin d’année

dernière. Sur l’année, elle a cependant été moins dynamique qu’en

2014 et la robustesse de l’économie pourrait être mise à mal par le référendum

sur l’appartenance du pays l’Union européenne (UE). Le PIB a augmenté de 0,5% au quatrième

trimestre contre 0,4% au cours des trois mois précédents, selon les estimations

préliminaires publiées par le bureau national des statistiques hier. Sans

surprise, ce sont les services qui ont, pour l’essentiel, tiré l’activité à la

hausse. En 2015, le PIB aura progressé de 2,2% contre 2,9% l’année précédente.

«

A court terme, la croissance économique britannique devrait rester proche mais

sous son potentiel, compte-tenu du resserrement budgétaire, de la faible

croissance mondiale, de la volatilité renforcée des marchés actions et du

gênant référendum sur l’appartenance à l’Union européenne», écrit

l’économiste d’Unicredit Daniel Vernazza. Alors que le référendum sur le «Brexit» pourrait se tenir

dès cet été «les entreprises

britanniques et étrangères pourraient se mettre en mode «attente»

en ce qui concerne l’embauche et l’investissement, tandis que la confiance et

les dépenses des ménages pourraient s’affaiblir modestement»,

écrivent les économistes d’ING. A leurs yeux, «l’incertitude que va créer le vote devrait casser l’élan de

l’économie britannique – potentiellement en réduisant d’un quart de point de pourcentage

la croissance de 2016». La Commission européenne table sur une augmentation

du PIB britannique de 2,4% en 2016 après 2,5% en 2015.

La possible sortie du Royaume-Uni de

l’UE risque d’obliger le pays à renégocier un accord de

libre-échange avec l’Europe continentale, ce qui pourrait rendre les échanges

commerciaux plus coûteux, selon les économistes de Citi. Un vote favorable au

divorce avec l’UE mettrait non seulement l’actuel gouvernement sous pression

mais relancerait aussi la question de l’appartenance de l’Ecosse au

Royaume-Uni. Compte-tenu également des potentielles fuites de capitaux, les

économistes de Citi estiment qu’un «Brexit» pourrait représenter un «risque

à la baisse violent» pour la croissance en Grande-Bretagne.

Signe que les marchés commencent à intégrer

le risque du «Brexit», la livre sterling s’est affaiblie par rapport à l’euro

depuis le début de l’année de près de 3,5%. La parité euro/livre était hier à

0,76. Dans ce contexte, les économistes s’attendent à ce que la Banque

d’Angleterre, qui se réunira jeudi prochain s’abstienne de remonter les taux.

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