Mario Draghi s’attend à une croissance et une inflation affaiblies en zone euro

le 10/03/2016

Le président de la Banque centrale européenne (BCE) Mario Draghi © European Union – EP

Les prévisions de croissance en zone euro ont été ramenées à 1,4% en 2016 au lieu de 1,7% initialement attendu, et à 1,7% en 2017 au lieu de 1,9%, a prévenu Mario Draghi, le président de la Banque centrale européenne (BCE), lors de sa conférence de presse, jeudi. Un peu plus tôt, la BCE avait annoncé une série de mesures musclées pour soutenir les anticipations d’inflation ainsi que l’activité.

Le président de la BCE a précisé que s'agissant de l’objectif de stabilité des prix, le risque s’est intensifié. Pour la BCE, dont la cible se situe en dessous mais tout près de 2%, l’inflation n'augmenterait que  de 0,1% cette année contre 1% estimé en décembre, reflétant l’évolution des prix du pétrole, puis de 1,3% en 2017 au lieu de 1,6% initialement attendu, et seulement 1,6% en 2018.

Pour Mario Draghi, les perspectives mitigées de croissance dans les pays émergents pèsent sur l’activité en zone euro. "Nous nous attendons à ce que la reprise économique progresse à un rythme modéré", a précisé le président.

"Il est essentiel d'éviter des effets de second tour", a dit le président de la BCE, faisant référence à des baisses de prix affectant plus largement l'économie, au-delà de certains produits phares tels que le pétrole.

Ce jeudi, la BCE a abaissé de 10 points de base le taux de sa facilité de dépôt à -0,40%, a réduit le taux refi, le taux directeur de la BCE, à 0,00% contre 0,05% auparavant et a diminué le taux de la facilité de prêt marginal à 0,25% contre 0,30%. 

Elle a par ailleurs annoncé une expansion de son programme de rachats d’actifs à 80 milliards d’euros par mois au lieu de 60 milliards, et surtout l'a élargi aux obligations en euros des entreprises non financières notées en catégorie investisseur. 

Enfin, une nouvelle série de quatre injections de liquidité à long terme sur une durée de quatre ans (TLTRO 2) sera lancée à compter de juin 2016. Avec une nouveauté: les banques pourront emprunter au taux de la facilité de dépôt, c'est-à-dire à taux négatif, et donc se faire payer.

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