Feu vert du Parlement à la nomination de François Villeroy de Galhau à la tête de la Banque de France

le 29/09/2015

Les commissions des finances de l'Assemblée nationale et du Sénat ont majoritairement validé le choix exprimé début septembre par François Hollande

François Villeroy de Galhau va devenir le nouveau gouverneur de la Banque de France (BDF), en remplacement de Christian Noyer, atteint par la limite d'âge et dont le mandat se termine dans quelques semaines. Les élus des Commissions des finances de l'Assemblée nationale et du Sénat ont, après avoir entendu l'ancien directeur général délégué de BNP Paribas cet après-midi, validé le choix exprimé par François Hollande début septembre.

L'addition des votes négatifs dans chaque commission devait représenter au moins trois cinquièmes des suffrages exprimés pour bloquer la nomination. En ce qui concerne le commission des Finances de l'Assemblée, le candidat pressenti a obtenu 34 voix pour, 8 contre et un vote blanc. A la commission des Finances du Sénat, il a recueilli 25 voix pour, 5 voix contre et 2 blancs.

Au cours des auditions François Villeroy de Galhau, également ex-directeur de cabinet de Dominique Strauss-Kahn à Bercy (1997-1999) puis de Christian Sautter (1999-2000), a fait passer plusieurs messages. «Je crois que la politique monétaire active aujourd'hui menée avec Mario Draghi est la bonne pour tendre vers une inflation proche de 2%», a dit l'ancien haut fonctionnaire lors de son audition devant la commission des Finances de l'Assemblée nationale. «Cette politique monétaire est nécessaire aussi pour soutenir la croissance même si elle ne peut y suffire. Il faut des réformes dans chaque pays dont le nôtre, il faut un renforcement de la zone euro et enfin, il ne faut pas renoncer à l'ambition d'un meilleur ordre monétaire mondial », a t-il ajouté.

La désignation de l'ancien banquier a suscité début septembre une pétition de quelque 150 économistes et universitaires, publiée hier par Le Monde, fait unique dans l'histoire de l'institution. Ils y estimaient que son expérience chez BNP Paribas lui confère «une excellente expertise du secteur bancaire au moins autant qu'elle l'expose à un grave problème de conflit d'intérêts et met à mal son indépendance». Parmi les pétitionnaires, on retrouve d'habituels pourfendeurs du poids du secteur financier: Jézabel Couppey-Soubeyran, Laurence Scialom, ou Thierry Philipponnat, mais aussi Thomas Piketty ou l'eurodéputé Philippe Lamberts.

Sans le nommer, les signataires ne cachaient pas leur préférence pour Benoît Coeuré, membre du directoire et candidat malheureux au poste ou pour un candidat issu de leurs rangs et non de la haute administration. « Aux Etats-Unis, la Fed a privilégié ce profil d'économiste avec Janet Yellen ou Ben Bernanke. En France, Christian Noyer est énarque, mais a fait toute sa carrière dans le public », soulignaient-ils.

Le 8 septembre, dans un courrier adressé aux deux chambres, François Villeroy de Galhau a indiqué qu'il couperait tous ses liens financiers avec BNP Paribas, renonçant notamment au bénéfice de rémunérations différées. Il s'abstiendra aussi pendant deux ans, à compter de son départfin avril 2015,de prendre part à toute décision concernant son ancien employeur et ses filiales. 

A lire aussi