La Fed laisse ses taux d'intérêt inchangés

le 17/09/2015

Laissant la porte ouverte à un modeste relèvement ultérieur cette année, Janet Yellen a été sensible à la faiblesse de la reprise mondiale

La Fed laisse ses taux d'intérêt inchangés

Après de longs mois de suspens, la présidente de la Fed, Janet Yellen, a finalement décidé de laisser inchangée sa politique monétaire ultra-accommodante, notamment en raison de la faiblesse de l'économie mondiale et la volatilité des marchés. Les taux des Fed Fund resteront encore proches de zéro, entre 0% et 0,25%, comme ils le sont depuis 2008. Le statu quo a été voté par neuf voix contre une.

La Fed a toutefois laissé entendre que le début de la normalisation monétaire pourrait avoir lieu dès cette année, avec une première hausse modeste. Les prochaines réunions du FOMC sont prévues en octobre puis décembre,  mois où une conférence de presse est programmée.

"Les récents développements de l'économie et des marchés financiers mondiaux pourraient peser quelque peu sur l'activité économique et sont susceptibles d'exercer une pression baissière supplémentaire sur l'inflation à moyen terme", explique la Fed dans le communiqué publié à l'issue de la réunion de son comité de politique monétaire.

Le comité de politique monétaire a donc maintenu son biais en faveur d'une hausse de taux d'ici la fin de l'année, tout en abaissant ses perspectives à long terme pour l'économie. Ses nouvelles projections économiques montrent que 13 des 17 membres du comité s'attendent à au moins une hausse de taux en 2015 contre 15 lors de la précédente réunion au mois de juin. Quatre membres du comité estiment désormais que les taux ne devraient pas être relevés avant au moins 2016, contre deux qui étaient de cet avis en juin.

Concernant l'économie américaine, les statistiques récentes n'ont pas reflété de nouvelles améliorations conduisant la Fed à agir, même si rien dans le tableau économique général n'interdisait réellement un relèvement. L'inflation demeure très inférieure aux objectifs de la Fed (2%). Même s'il est exact que les prix de l'énergie alimente cette faiblesse, l'indice des prix des dépenses personnelles de consommation des ménages n'a atteint que 0,3% sur un an en juillet 2015. En outre, certains des membres du Comité de politique monétaire (FOMC),  craignaient les effets potentiellement dévastateurs d'une hausse des taux sur le moral des investisseurs.

Hors des Etats Unis, le risque de volatilité accrue sur les marchés financiers a également pesé dans les débats entre les membres du FOMC. Sur ce risque, se greffe les gros doutes sur la croissance chinoise dont l'affaiblissement n'est pas encore clairement mesuré.

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