Les députés grecs adoptent le plan d'austérité sans conviction

le 16/07/2015

Les mesures imposées par les créanciers internationaux ont été approuvées par 229 voix contre 64. Le parti Syriza se déchire.

Les députés grecs adoptent le plan d'austérité sans conviction

Les députés grecs ont donné leur feu vert dans la nuit de mercredi à jeudi aux mesures d'austérité draconiennes exigées par les créanciers internationaux d'Athènes, ouvrant la voie à des négociations sur un nouveau plan de sauvetage financier malgré l'hostilité de plusieurs dizaines d'élus de Syriza, le parti au pouvoir.

Le plan a été approuvé par 229 voix contre 64 et six abstentions. "Nous n'y croyons pas, mais nous sommes contraints de l'adopter", a déclaré le Premier ministre Alexis Tsipras avant le vote sur cette nouvelle série de réformes adoptée avec l'appui de l'opposition pro-européenne, ce qui a semé le doute sur l'avenir de son gouvernement. "Je reconnais que ces mesures budgétaires sont rudes, qu'elles ne seront pas bénéfiques pour l'économie, mais je suis forcé de les accepter", a-t-il poursuivi.

Le plan, sur lequel il s'est entendu lundi à Bruxelles avec ses partenaires européens, prévoit notamment une hausse de la TVA et une réforme des retraites, des règles de négociation collective, du droit de grève et des licenciements collectifs ainsi que des privatisations dont les fruits seront utilisés pour recapitaliser les banques et réduire la dette. Son adoption à la Vouli ouvre donc la voie à des négociations sur un troisième plan d'aide de 82 à 85 milliards d'euros sur cinq ans.

Zoé Constantopoulou, présidente du parlement et figure de l'aile gauche de Syriza qui fait partie des 38 frondeurs du parti ayant voté contre le compromis de Bruxelles, a dénoncé un "génocide social", au cours du débat qui a précédé le vote, tandis que des manifestants affrontaient les forces de l'ordre sur la place Syntagma.

L'ancien ministre des Finances, Yanis Varoufakis, qui a démissionné la semaine dernière, a quant à lui comparé l'accord au traité de Versailles signé en 1919, qui a imposé de lourdes réparations à l'Allemagne vaincue et contribué à l'émergence du nazisme. L'actuel ministre de l'Energie Panagiotis Lafazanis fait également partie des frondeurs, tout comme le vice-ministre de l'Emploi Dimitris Stratoulis. Tous deux pourraient en faire les frais dès jeudi dans le cadre d'un remaniement ministériel.

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