Les dirigeants européens trouvent un accord sur la Grèce

le 13/07/2015

Malgré le durcissement des exigences allemandes, Alexis Tsipras, a fini par céder à la pression de ses partenaires afin d'obtenir un troisième plan d'aide et de maintenir son pays dans la zone euro.

Les dirigeants européens trouvent un accord sur la Grèce

Après près de vingt heures de négociations intenses entre les principaux dirigeants européens, un accord s'est dessiné sur le maintien de la Grèce dans la zone euro, ce lundi matin, au prix de conditions durcies sous la pression de l'Allemagne.

Les derniers points d'achoppement ont été aplanis entre un cercle restreint de négociateurs réunissant la Chancelière allemande, Angela Merkel, le président français François Hollande, le premier ministre grec, Alexis Tsipras, et le Président du Conseil européen, Donald Tusk. Tôt ce matin, Athènes a tenté d'écarter les nouvelles conditions posées à un troisième plan d'aide qui porterait sur plus de 80 milliards d'euros. Point parmi les plus sensibles, les remboursements de la dette grecque (340 milliards d'euros) devraient être étalés dans le temps, dans le cadre d'un reprofilage proposé à Athènes qui avait  pourtant fait d'une décote pure et simple l'une de ses priorités.

La Grèce devrait bénéficier d'une aide du Mécanisme européen de stabilité (MES) en contrepartie de la mise en oeuvre de réformes sérieuses, a déclaré le président du Conseil européen, Donald Tusk. "A l'unanimité, le sommet de la zone euro a trouvé un accord. Tout est prêt pour un programme du MES destiné à la Grèce avec des réformes sérieuses et un soutien financier", a déclaré Donald Tusk sur Twitter.

Sur le montant total de l'aide financière, 25 milliards d'euros seront mobilisés pour la recapitalisation des banques grecques, a déclaré le président de l'Eurogroupe, Jeroen Dijsselbloem. Selon François Hollande, un programme de croissance devrait porter sur 35 milliards d'euros.

Le fonds au sein duquel seraient transférés les actifs grecs à privatiser ne serait pas établi et géré par un pays tiers mais par les Grecs, a déclaré lundi le premier ministre Manuel Valls, dévoilant un des derniers volets de l'accord trouvé à Bruxelles. La création de ce fonds destiné à accueillir quelques 50 milliards d'euros d'actifs faisait partie des propositions soumises par les ministres des Finances de la zone euro avant le sommet des chefs d'Etat et de gouvernement qui a durée toute la nuit. Son établissement dans un pays tiers, vraisemblablement le Luxembourg, était l'un des derniers points de désaccord entre la Grèce et les autres pays de la zone euro.

A présent le Parlement grec et les autres Parlements nationaux devront donner leur accord sur l' "aGreekment" politique qui vient d'être établi, avant l'ouverture de nouvelles négociations, a indiqué Donald Tusk. En France, l'Assemblée nationale votera mercredi sur la déclaration issu du sommet de la zone euro. Pour sa part Angela Merkel, qui avait évoqué dimanche une perte de confiance vis-à-vis du gouvernement grec après l'épisode du référendum du 5 juillet, a rectifié le tir, lundi, estimant pouvoir recommander aux élus allemands l'ouverture des discussions d'aide avec "entière confiance". Elle a également précisé que la Grèce demandera une nouvelle aide au Fonds monétaire international (FMI) lorsque le programme en cours aura expiré, en mars 2016.

LC

 

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