Les pistes du CAE pour alléger les dépenses publiques structurelles dès 2015

le 22/12/2014

Sa présidente Agnès Benassy-Quéré évoque, dans une interview à l'Agefi, trois secteurs sources d'économies, et plaide pour relever le niveau de formation , l'une des armes contre la baisse du rythme de croissance potentielle.

Le Conseil d’analyse économique (CAE) plaide pour qu’à partir de 2015 soient réalisées des baisses ciblées des dépenses publiques structurelles, par opposition au coup de rabot jusqu’à présent pratiqué par le gouvernement, explique à l’Agefi Agnès Bénassy-Quéré, présidente déléguée du CAE. Ce dernier «a identifié plusieurs secteurs comme la politique de logement qui coûte 40 milliards d’euros l’an et est largement inefficace», dit-elle. «On peut imaginer des mesures peu coûteuses comme la fluidification du parc social qui répondrait aussi à des mesures d’équité», précise la présidente déléguée.

Deuxième source d'économies, le secteur de la santé.  «Il est de bonne qualité mais présente de grandes disparités régionales et une grande inégalité sociale», le CAE a fait des propositions qui portent et surl’organisation du système de soins et sur le remboursement maladie «qui vont bien sûr dans le sens de moindres dépenses pour une qualité au moins aussi élevée, en tout cas pour une meilleure répartition sur le territoire», explique Agnès Bénassy-Quéré.

Un troisième volet offrant des gains d’efficacité possibles concerne les collectivités territoriales, «avec le principe de l’abandon de la compétence générale et, peut-être, des systèmes où les transferts aux collectivités soient centralisés soit au niveau de la région soit à celui de l’intercommunalité, en tout cas des groupements de communes. Même si on maintient quatre niveaux, ce qui est beaucoup, il faut que pour la décision et pour la répartition des moyens, les choses soient hiérarchisées », plaide Agnès Bénassy-Quéré.

Pour redresser la croissance potentielle française, dont le rythme fléchit depuis une dizaine d’années, le CAE plaide, dans une note publiée fin 2014, pour des mesures améliorant la formation professionnelle des jeunes et des adultes. Les insuffisances de la formation professionnelle pèsent sur la productivité des facteurs et freine l’introduction de nouvelles technologies de production comme les robots, explique la présidente déléguée du CAE. Elles pénalisent les entreprises dans la concurrence internationale et aggravent le chômage. «Le CAE publie en janvier 2015 une note sur l’apprentissage, pour élever l’emploi des jeunes, un chantier presque immaculé », souligne Agnès Bénassy-Quéré, qui cite notamment l’objectif d’une «meilleure adaptabilité des formations professionnelles aux besoins du marché ».

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