Pour la BCE, un QE est désormais une "intention, pas encore un objectif"

le 04/12/2014

Son président, Mario Draghi, a confirmé, jeudi, qu'un QE intégrant éventuellement des obligations souveraines était "prévu" début 2015, ce qui ne veut pas dire "attendu"

Pour la BCE, un QE est désormais une

Le président de la Banque centrale européenne (BCE), Mario Draghi, a estimé jeudi qu’un dispositif d’assouplissement quantitatif (quantitative easing, QE), qu’attendent les marchés financiers depuis des semaines, «est une mesure de politique monétaire importante».  Insistant sur la terminologie de la BCE, il a précisé qu' «il ne s’agit pas seulement d’une attente, c'est une intention, ce n'est pas encore un objectif, c'est entre les deux».

Il s’exprimait lors de la conférence de presse succédant à la réunion mensuelle du Conseil des gouverneurs qui a maintenu inchangé le taux de refinancement à 0,05%, le taux de prêt marginal à 0,30% et celui de la facilité de dépôt à -0,20%.

Pressé de préciser quel pourrait être le calendrier de la mise en œuvre d’un QE intégrant des obligations souveraines, le président de la BCE a simplement souligné qu’ «au début de l'an prochain, le Conseil des gouverneurs réévaluera le soutien monétaire engagé, l'expansion du bilan et les perspectives de stabilité des prix, les perspectives d'évolution des prix». Refusant de donner plus de précisions, il s’est contenté d’indiquer qu’ «'au début' (de 2015) veut dire 'au début', cela ne veut pas dire la prochaine réunion, cela dépend beaucoup de la manière dont notre évaluation se passera».

Une mesure de QE «peut être conçue, je pense, pour avoir un consensus», a encore déclaré Mario Drahi, laissant entendre qu’une unanimité ne serait pas nécessaire. Le grand argentier a toutefois voulu rassurer les détracteurs d’une politique monétaire non conventionnelle trop audacieuse: «nous devons nous souvenir que nous avons un mandat, et, comme je l'ai dit auparavant, nous ne tolérons pas des déviations prolongées par rapport à notre mandat». Reste que la question se pose à peine, si l’on en croit Mario Draghi: «un QE incluant éventuellement des emprunts souverains est compatible avec notre mandat, ne pas respecter notre mandat serait illégal», a-t-il dit.

Pour la BCE, qui veut également mettre en œuvre des rachats d’ABS et de covered bonds, un QE accréditerait sa volonté de maintenir des taux d'intérêt à faible niveau et une «communication avancée» pour une période de temps prolongée. Concernant les rachats d’ABS, la BCE risque toutefois d’en racheter bien moins que 400 milliards d’euros, a indiqué Mario Draghi.

Au chapitre de la croissance en zone euro, le président de la BCE a indiqué que «les dernières données et enquêtes disponibles jusqu'à la fin novembre confirment ce scénario d'un profil de croissance plus faible dans la période à venir. Dans le même temps, la perspective d'une reprise économique modeste reste en place». Jeudi la BCE a révisé en baisse ses prévisions à 0,8% en 2014, 1% en 2015 et 1,5% en 2016.

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