Les géants du secteur pharmaceutique doivent gérer un déficit de confiance

le 30/05/2014

Chahutés, les industriels du médicament sont aussi concurrencés par la pharmacie 3.0

Les géants du secteur pharmaceutique doivent gérer un déficit de confiance

L’industrie française du médicament devrait enregistrer une contraction de son chiffre d’affaires en 2014 et ce pour la troisième année consécutive d’après l’organisation professionnelle regroupant les entreprises du secteur de l'industrie pharmaceutique en France (Leem). Les prévisions tablent ainsi sur une baisse  d’environ -1,5 % du marché du médicament remboursable. Une moindre  consommation (en volume) des médicaments en France, la maîtrise des prescriptions par l’assurance maladie et l’essor du marché des génériques expliquent ce repli.

Consolidation de l’industrie pharmaceutique.

Les difficultés du secteur transparaissent notamment au travers de la réorganisation de l’activité des grands groupes pharmaceutiques. Ainsi, les récents mouvements de fusion-acquisition sur le marché soulignent le caractère défensif d’une telle consolidation face à des marges en baisse pour l’ensemble des acteurs. Entre autres transactions, Novartis et GlathoSmithKline, représentant 8,4 % du marché mondial, ont conclu un partenariat en oncologie et en recherche sur les vaccins pour un total de 28,5 milliards de dollars de cession et acquisition confondues. De son coté, le groupe allemand Bayer va verser 14,2 milliards de dollars pour le rachat des médicaments sans ordonnance de l'américain Merck. Le laboratoire Valeant, contrôlé par le fonds Pershing Square, a relevé son offre sur le fabriquant du Botox Allergan à 49,4 milliards de dollars. En revanche, le britannique AstraZeneca a décliné l’offre de rachat du numéro deux mondial du secteur Pfizer pour 118 milliards de dollars. La maîtrise des coûts, le redéploiement dans les pays émergents et l’implantation fiscale sont les trois principales préoccupations des laboratoires pharmaceutiques à l’heure actuelle.

Restaurer la confiance

Face à ce constat, le rapport EY « Global Pharmaceutical Report 2014 » publié le  28 mai 2014, identifie de nouvelles opportunités de croissance. La principale consiste en une meilleure collaboration entre les laboratoires pharmaceutiques et les organismes de remboursement.

Il s’agit de faire concorder les offres et les attentes des deux entités jusqu’à présent souvent discordantes. Les laboratoires transmettent, par exemple, principalement aux organismes de remboursement des données concernant des essais cliniques contrôlés par placebo alors que ceux-ci attendent en majorité des données relatives à une approche comparative entre essais cliniques. La distorsion entre les perceptions de ces deux acteurs s’accentue encore davantage lorsqu’ils sont interrogés sur la confiance qui peut être accordée aux entreprises pharmaceutiques lorsque celles-ci offrent des services non directement liés à la production de médicament. Alors que 67 % des laboratoires questionnés pensent être crédibles sur ce type de prestation, moins de 50 % des organismes de remboursement sont du même avis.

La faible confiance accordée à l’industrie pharmaceutique par les organismes de remboursement est un enjeu majeur, à l’heure du big data où la prestation de services apparaît comme un relais de croissance majeur.

Renouveau de la pharmacie (La pharmacie 3.0)

Les laboratoires pharmaceutiques sont également confrontés à des défis majeurs, à savoir notamment l’expiration de certains brevets et le recul des investissements en R&D. Ils sont désormais concurrencés par de nouveaux entrants dans la conquête de ce qu’il faut désormais appeler « la pharmacie 3.0 » qui met davantage en valeur les applications pour smartphone. Autre illustration, cette année le site doctissimo.fr  la plateforme d’échanges et de conseils sanitaires entre internautes a mué avec « doctipharma.fr », en un site agréé pour la commercialisation en ligne de médicaments sans ordonnance et de parapharmacie. Par ailleurs, dans la plupart des pays développés, des comparateurs de prix de médicaments sur le web (les français Unooc et Compapharma, l'américain Pharmacychecker, etc) émergent rapidement.

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