Mario Draghi exhorte Paris à davantage de discipline budgétaire

le 02/10/2013

Le patron de la BCE, qui a laissé ses taux inchangés, souligne que les déficits publics français sont supérieurs à la procédure de déficit excessif

Mario Draghi. Source photo: BCE

« La France doit poursuivre ses efforts de redressement budgétaire et les réformes structurelles même si beaucoup a déjà été fait ». Tel est l’avertissement formulé diplomatiquement par le président de la Banque centrale européenne (BCE), Mario Draghi, lors de sa conférence de presse mensuelle à Paris. Il s’exprimait à l’issue de la réunion de politique monétaire du conseil des gouverneurs qui a laissé les taux d'intérêt inchangés et réaffirmé une politique de taux bas.

Le grand maître du jeu monétaire de la zone euro a souligné qu’en matière de redressement budgétaire français, « les chiffres restent supérieurs à la procédure de déficit excessif » prévue par les textes européens. « Donc il faut faire davantage sur ce front », a-t-il lancé au gouvernement Ayrault en pleine élaboration du PLF pour 2014. Et le diagnostic de Mario Draghi vaut aussi pour les réformes structurelles hexagonales.

Pour sa part, le président de la Banque de France, Christian Noyer, a exprimé le même point de vue lors de la même conférence de presse, mettant l'accent sur la poursuite des réformes. Car elle permettra d'accroître le potentiel de croissance et la maîtrise des dépenses publiques. La semaine passée, c’est le Haut Conseil des finances publiques qui a formulé des réserves sur le projet de budget gouvernemental, doutant du réalisme des prévisions en termes de recettes et, in fine, du solde public auquel veut croire l’exécutif.

Présenté le 25 septembre, le projet de budget du gouvernement prévoit de ramener le déficit public à 3,6% du PIB fin 2014 contre 4,1% cette année. Or selon le programme de stabilité 2013-2017, le déficit public devait se situer à -2,9% en 2014.  

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