Le taux du livret A passe de 1,75% à 1,25%

le 18/07/2013

Cette baisse, qui prend effet au premier août, permettra aux organismes de logement social d'économiser près de 600 millions d'euros, a plaidé Pierre Moscovici.

Le taux du livret A passe de 1,75% à 1,25%

 Le taux du livret A et du livret de

développement durable (LDD) sera abaissé à 1,25% à partir du premier août

contre 1,75% actuellement pour tenir compte du net ralentissement de

l'inflation (0,8% hors tabac), a annoncé ce jeudi 18 juillet, le ministre de l'Economie et des

Finances, Pierre Moscovici.

Le nouveau taux, le plus bas depuis août 2010, prend en compte la proposition

du gouverneur de la Banque de France, Christian Noyer, la semaine dernière. Il

avait alors précisé que l’application stricte de la formule de calcul du taux conduisait

à l'abaisser à 1%. Mais une telle diminution a été jugée trop forte. Pour sa part, Pierre Moscovici a

invoqué,  jeudi, des « circonstances exceptionnelles ». « La mesure que nous prenons aujourd'hui vise

à soutenir le pouvoir d'achat des catégories populaires », a-t-il ajouté.

Le ministre a également chiffré à près de 600 millions d’euros, le montant des

économies que vont réaliser en année pleine, grâce à la baisse du taux des

livrets, les organismes de logement social. Une rémunération sur le livret A supérieure

à l'inflation est en effet préjudiciable au financement du logement social,

dont il est la principale ressource.

La baisse du taux du livret A reste une

question sensible. En 1999, Dominique Strauss-Kahn, alors ministre de

l'Economie, a introduit une formule pour le calculer afin de dépassionner le processus de fixation. La formule mise en œuvre actuellement donne

peu de marge de manœuvre au gouvernement politiquement soucieux de ne pas trop amoindrir le rendement d’un produit d'épargne très populaire parmi les

Français. Fin 2012, 63,3 millions de livrets A étaient ouverts. Mais selon certains experts, une rémunération trop élevée de l'épargne réglementée,  en période de très faible activité et de taux d’intérêt bas,  constitue un handicap pour le financement de l'économie. Elle favorise le renchérissement des ressources des banques tentées d’aligner autant que possible les taux de leurs livrets ordinaires et dépôts à terme sur le livret A et contribue ainsi au renchérissement du coût du crédit. 

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