Draghi envisage un recours aux ABS dans le "moyen-long terme"

le 06/06/2013

La BCE a maintenu comme prévu son principal taux directeur au niveau historiquement bas de 0,5%

Photo: PHB

La politique monétaire de la Banque centrale européenne (BCE) restera accommodante aussi longtemps que nécessaire, a déclaré ce mercredi 6 juin son président Mario Draghi, attestant de sa volonté de maintenir des taux d'intérêt bas afin de soutenir un reprise économique espérée dans le courant de l'année. La BCE a annoncé plus tôt dans l'après midi qu'elle maintenait son principal taux directeur - le taux de refinancement - au niveau historiquement bas de 0,5%. Elle a également annoncé que ses taux de dépôt et de prêt marginal restaient inchangés à 0,0% et 1,0% respectivement.

Mais le patron de l’institut d’émission de la zone euro était surtout attendu sur la question des ABS (Asset-backed securities) et de leur éligibilité au collatéral retenu par la BCE. L’enjeu est crucial dans le contexte actuel de la récession en zone euro. En ouvrant son bilan aux ABS adossés aux crédits aux PME, la BCE apporterait un précieux soutien à l’activité économique. Or Mario Draghi s’est montré très prudent. «Nous avons débattu des ABS, nous avons débattu (…) d'un renforcement du dispositif applicable aux créances privées supplémentaires (ACC), nous avons débattu de nos politiques de collatéral», a-t-il dit. Mais, a-t-il ajouté, « cela n'est pas pour le court terme de toute façon ... c'est une proposition à long, long terme, à moyen-long terme ».

Le président a également précisé qu’« un groupe de travail continue à travailler avec la BEI (NDLR: Banque européenne d’investissement) et s'il aboutit à quelque chose (...), il est certain que nous étudierons la possibilité de l'accepter comme collatéral ». Dans une note parue le 13 mai, les économistes de Natixis ont rappelé que la BCE ne peut prendre de risque de crédit à son bilan et qu’ « un recours aux ABS n’est envisageable qu’avec le concours d’une autre institution financière européenne. Une association avec la banque européenne d’investissement (BEI) serait profitable ».

Parmi les autres points abordés, Mario Draghi est revenu sur le projet d’Union bancaire lancé par les dirigeants européen en 2012 et dont certains aspects divisent les pays membres. « Le Conseil des gouverneurs souligne que le futur mécanisme de supervision unique et le futur mécanisme de résolution unique sont des éléments clés de la marche vers la réintégration du système bancaire et nécessitent donc une mise en oeuvre rapide », a insisté le président de la BCE.

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