Bruxelles veut diminuer la dépendance de l'économie aux crédits bancaires

le 25/03/2013

La Commission prône dans un livre vert une diversification des sources de financement des entreprises, en favorisant l'accès au marché obligataire et aux investisseurs institutionnels notamment.

Bruxelles veut diminuer la dépendance de l'économie aux crédits bancaires

Comment accroître l'offre de financement à long terme qui fait défaut en Europe pour soutenir les investissements sur plusieurs années ? Comment améliorer et diversifier le système d'intermédiation financière pour favoriser ce type d'investissement indispensable pour relancer la croissance et l’emploi ? Dans un livre vert publié ce lundi 25 mars, la Commission européenne ouvre une consultation publique de trois mois sur ce thème central pour l’avenir de l’économie des 27.  Afin de satisfaire les importants besoins d'investissement qui se profilent dans les prochaines années,  la Commission veut favoriser l’accès des acteurs de l'économie aux financements à long terme « prévisibles », c'est-à-dire notamment aux « financements obligataires » et aux « investisseurs institutionnels ». Et veut parallèlement diminuer la dépendance des entreprises aux crédits bancaires dont le poids reste prépondérant dans le financement de l’économie sur le Vieux Continent. 

«Il faut faire en sorte que notre économie et notre secteur financier – notamment les banques et les investisseurs institutionnels tels que les assureurs et les fonds de pension – soient en mesure de financer les investissements à long terme », a préconisé Michel Barnier, commissaire chargé du marché intérieur et des services. Pour sa part Olli Rehn, vice-président de la Commission chargé des affaires économiques et monétaires et de l'euro, estime que «le rééquilibrage nécessaire de l’économie européenne est en cours, et il faut donner aux marchés financiers la possibilité d’apporter un appui à ces changements structurels de plus en plus rapides ».

Accorder un plus grand rôle au financement direct par les marchés de capitaux

Le constat de départ de la Commission est clair : depuis la crise financière, le secteur financier en Europe « n'a plus la même capacité à acheminer l'épargne vers le financement à long terme » de grands projets (infrastructures énergétiques, de transport ou de communication, industrielles ou de services).  Autre constat, les acteurs de l’économie sont traditionnellement assez dépendants en Europe des banques. D’où cette réflexion sur la nécessité d’accélérer la marche vers un « système plus diversifié accordant un plus grand rôle au financement direct par les marchés de capitaux (c'est-à-dire au financement obligataire) ainsi qu'aux investisseurs institutionnels (par exemple aux fonds de pension) ou à d'autres alternatives », détaille la Commission. Compte tenu de leur rôle pour la croissance et des difficultés qu'elles rencontrent à trouver des capitaux, les PME doivent « avoir accès à des crédits bancaires, mais aussi à d'autres sources de financement», souligne le communiqué.

La capacité de l’économie à financer l’investissement à long terme dépend de celle du système financier à mettre des fonds à la disposition de manière effective et efficiente, par l'intermédiaire de « marchés ouverts et concurrentiels », martèle Bruxelles. Dans sa vision, «cette mise à disposition peut être soit indirecte, notamment via des banques, des assureurs ou des fonds de pension, soit directe, via les marchés financiers ».

Les réponses à la consultation bruxelloise permettront à la Commission de « dégager des solutions afin de surmonter les obstacles au financement à long terme ». Plusieurs mesures pourront alors être prises, législatives ou non. La Commission veut diriger ses actions menées selon trois axes : la capacité des établissements financiers à mettre à disposition des financements à long terme ; l’efficacité et l’efficience des marchés financiers dans la mise à disposition d'instruments de financement à long terme ; et les facteurs transversaux favorisant l’épargne et le financement à long terme ; et la facilité d'accès des PME aux financements bancaires et non bancaires.

La phase de marasme économique que traverse l’Europe crée un climat d’inquiétude parmi les épargnants et les investisseurs, et des initiatives appropriées pourraient permettre de lever les obstacles aux financements à long terme, espère la Commission. Selon elle,  l’un des préalable est « une régulation et une surveillance appropriées pour rétablir la stabilité financière et restaurer la confiance dans les marchés ». Elle rappelle qu’ « un vaste programme de réformes à cet effet, en complément des réformes plus générales d'ordre budgétaire et économique » a été mis en œuvre. Elle estime toutefois que « si la stabilité financière est nécessaire, elle n'est pas suffisante ». D’où l’instauration d’un  nouveau cadre réglementaire et prudentiel « calibré de manière à permettre au secteur financier d'apporter un appui à l'économie réelle, sans pour autant compromettre la stabilité financière ».

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