Le PIB de la zone euro va probablement de nouveau se contracter en 2013

le 06/12/2012

Il devrait évoluer entre une baisse de 0,9% et une croissance de 0,3%, selon la BCE qui continuera à répondre aux demandes de liquidités des banques au moins jusqu'en juillet 2013.

La BCE prévoit une nouvelle contraction de la zone euro. Photo: PHB/Agefi

Une nouvelle contraction de l’activité en  zone euro est très probable l'an prochain, selon la Banque centrale européenne (BCE). L’institut d’émission, qui a pourtant laissé inchangé ses principaux taux ce jeudi, a revu à la baisse ses prévisions pour le PIB des 17 en 2013. Il devrait évoluer entre une baisse de 0,9% et une croissance de 0,3% seulement l'année prochaine, a annoncé le président de la Banque, Mario Draghi, au cours d'une conférence de presse. En septembre, la BCE prévoyait une fourchette de -0,4% à +1,4% pour 2013, ce qui impliquait une probabilité de croissance supérieure à celle d'une contraction. 

Pour 2012, elle a aussi légèrement réduit sa prévision, la médiane de ses estimations se situant désormais à -0,5% contre -0,4% il y a trois mois. « La faiblesse économique de la zone euro devrait se prolonger l'année prochaine (...). Mais une reprise graduelle devrait débuter plus tard en 2013 », a indiqué Mario Draghi. Les premières prévisions pour 2014 donnent une croissance de 0,2% à 2,2%.

Pour bien convaincre qu’elle n’était pas inactive, dans la mauvaise passe que traverse la zone euro, la BCE a indiqué qu’elle continuera à répondre à toutes les demandes de liquidités des banques dans le cadre des ses opérations de refinancement, au moins jusqu'en juillet 2013. « Nous avons (...) décidé de poursuivre nos opérations de refinancement principales (MRO) sous la forme d'appels d'offres à taux fixe avec allocation illimitée aussi longtemps que nécessaire et au moins jusqu'à la fin de la sixième période de reconstitution des réserves, le 9 juillet 2013 », a dit Mario Draghi. Fin juin, l'institut d'émission avait déclaré qu'il accorderait aux banques de la zone euro un accès illimité à ses financements au moins jusqu'au 15 janvier. Avant la crise, il servait seulement une partie des fonds sollicités par les banques, lors de ses opérations de refinancement. Mais depuis le début de la crise, il a allongé les maturités de ces opérations jusqu'à trois ans et supprimé le plafond de financement.

Vigilant sur l’efficacité des opérations de refinancement et le risque de retour indésirable des liquidités dans les dépôts que les banques commerciales détiennent auprès de la BCE,  le conseil des gouverneurs de la Banque a débattu jeudi de l'opportunité de taux de dépôt négatifs. « Nous sommes prêts sur le plan opérationnel mais la discussion sur ce point n'a pas été particulièrement approfondie », a prévenu Mario Draghi . Pour l'heure donc, le taux de refinancement reste de 0,75%, le taux de facilité de dépôt nul et le taux de prêt marginal de 1,0%. Ces trois taux n'ont plus bougé depuis le 5 juillet dernier. Les propos de Mario Draghi ont en revanche joué sur le taux Eonia juillet qui est passé en territoire négatif, tandis que les « futures » sur emprunts d'Etat allemand progressaient. 

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