Les modalités d'intervention de la BCE sur les dettes souveraines se précisent

le 23/08/2012

La Banque centrale européenne pourrait se fixer des objectifs de rendements, éventuellement "implicites", ou d'écarts de taux d'intérêt par rapport au Bund.

La BCE procéderait à des rachats implicites d'obligations souveraines. Photo: Simon Dawson/Bloomberg News

La Banque centrale européenne (BCE) envisage de se fixer des objectifs de rendements dans le cadre d'un nouveau programme d'achats d'obligations destiné à alléger le coût de la dette des pays périphériques, sans nécessairement les rendre publics, a rapporté l’agence Reuters jeudi, citant des sources de banques centrales.

De tels « objectifs implicites » constituent l'une des options examinées mais aucune décision ne sera prise avant la réunion du conseil des gouverneurs le 6 septembre, a précisé une source, ajoutant que les objectifs pourraient être flexibles. Une autre source a confirmé que la question ne serait pas tranchée avant la réunion mais n'a pas écarté que cette option soit retenue.

Fin juillet et début août, le président de la BCE, Mario Draghi, a affirmé à deux reprises que la BCE recommencera à acheter des obligations souveraines pour alléger les coûts d'emprunt de l'Espagne et de l'Italie. Ses propos ont contribué à ramener un peu de confiance dans les marchés ces dernières semaines.

La semaine dernière, le magazine allemand Spiegel a rapporté que la BCE envisageait de fixer des seuils de taux d'intérêt pour les obligations souveraines et de n'acheter ces obligations que si leurs rendements dépassent un certain seuil de prime de risque par rapport au Bund de même échéance, référence dans la zone euro. Ce jeudi, le quotidien Die Welt, qui cite des sources proches du dossier, revient sur le sujet en affirmant que des gouverneurs de banques centrales seraient favorables à l'adoption d'un objectif de spreads plutôt que de rendements. Cette option signifierait que la BCE déterminerait la différence acceptable entre le rendement des émissions des pays périphériques et celui du Bund, au lieu de fixer un plafond de taux d'intérêt.

Le maintien dans le secret de cet objectif permettrait à la BCE de bénéficier d'un élément de surprise, tout en compliquant la tâche des investisseurs qui cherchent à spéculer sur les titres souverains et ont besoin de situer les limites à ne pas dépasser pour ne pas s’exposer à un risque excessif.

Interrogée sur l'article de Die Welt, un porte-parole de la BCE s'est contenté de renvoyer au communiqué publié lundi par la Banque centrale, déclarant qu'il est « trompeur » de parler de décisions qui n'ont pas encore été prises.

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