Le Japon espère enfin sortir son économie de la déflation

le 17/08/2012

Tokyo anticipe une croissance réelle du Pib de 1,7% au cours de l’année fiscale 2012 - 2013 et une hausse des prix à la consommation de 0,2% avant 0,5% en 2013 - 2014.

Le Japon espère enfin sortir son économie de la déflation

Le Japon pourrait sortir l’an

prochain du long tunnel de déflation et de faible croissance dans lequel s’est

enlisée son économie durant deux décennies, selon les perspectives de mi-année qui

viennent d’être publiées par le gouvernement. Tokyo anticipe une croissance réelle du

Pib de 1,7% au cours de l’année fiscale 2012 - 2013, à comparer à une hausse nominale attendue de 1,9%. Si ces projections se réalisaient, ce serait la première fois en 16 ans que la croissance nominale dépasserait la croissance réelle.

Le mois dernier, la Banque du

Japon avait publié des prévisions allant dans le même sens. Même léger, le raffermissement

de l’activité nourrit l’espoir d’une hausse des prix à la consommation de 0,2%

au cours de l’année fiscale 2012 – 2013, ce qui constituerait la première augmentation

depuis quatre ans. Le redressement des prix serait de 0,5% au cours de l’année

fiscale 2013-2014. 

Depuis l’éclatement de la bulle

immobilière au tout début de la décennie 1990, les prix à la consommation ont

soit reculé soit été stables la majeure partie du temps, à l’exception notable

de 1997 et 2008, respectivement, lorsque a été augmentée la taxe sur les ventes

puis lors de l’envolée des prix des matières premières.

Certains économistes jugent les

prévisions gouvernementales trop optimistes, et estiment que la Banque centrale

va rester sous pression pour activer le levier monétaire et soutenir l’économie

si celle-ci n’évolue dans le sens souhaité. « Le gouvernement s’est fixé

un objectif ambitieux en prévoyant une forte croissance du Pib nominal », a estimé Yoshiki Shinke, économiste en chef de  Dai-ichi Life Research Institute à  Tokyo, cité par l'agence Reuters.

 La prévision de croissance du Pib nominal est

nettement supérieure à celle des économistes indépendants qui tablent plutôt

sur 1,4%. En faisant miroiter la fin de la déflation et le retour de la

croissance, le gouvernement cherche à rassurer l’opinion publique que les hausses

de la taxe sur les ventes inquiètent, estiment des analystes. La hausse de la taxe

sur les ventes qui vient d’être adoptée, a été fixée à 10% d’ici à 2015. En

1997, une décision analogue avait cassé le redémarrage de l’économie. Pour le premier ministre Yoshihiko

Noda, toute la difficulté consiste à mettre en œuvre une stratégie de

croissance sans pour autant laisser filer l’énorme dette du pays (environ 200%).

Pour soutenir la consommation, le gouvernement accorde des subventions aux

automobiles faiblement émettrices, et aux dépenses de reconstruction rendues nécessaires après le

tremblement de terre survenu en 2011. Mais ces initiatives ont produit l’essentiel

de leurs effets et deviennent moins efficaces, estiment des experts.  

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