L'Allemagne emprunte à taux toujours plus négatifs

le 13/08/2012

Berlin a émis 4 milliards d’euros de dette à 6 mois à un taux négatif record de -0,0499%, signe de l’inquiétude des opérateurs, mais l’Italie a adjugé des bons du trésor à 12 mois avec un rendement moyen en hausse à 2,767%.

L'Allemagne emprunte à taux toujours plus négatifs

Dans le contexte incertain entourant la zone euro, les

investisseurs portaient, ce lundi en début de journée, un regard particulièrement attentif à une

adjudication de dette à court terme en Italie. Mais c’est finalement l’émission

de bons du trésor allemands qui retient l’attention. L’Allemagne a émis 4

milliards d’euros de Bubills (titres de dette à court terme) à 6 mois à un taux

négatif record de -0,0499%, signe de l’inquiétude persistante des opérateurs.  Ces derniers veulent à tout prix être investis dans une valeur considérée comme

refuge quitte à perdre un peu d’argent.

 Lors de la dernière adjudication de

Bubills, début juillet, sur cette maturité le taux était déjà ressorti négatif à -0,0344%. Les

échéances à 1 an et 2 ans se traitaient également sur la base de rendement

en-dessous de zéro lors des précédentes opérations. La dernière émission à 12

mois, le 23 juillet dernier, avait été adjugée à -0,054% et celle de Schatz à 2

ans, le 18 juillet, à -0,06%. La France

a également émis, ce lundi, de la dette court terme à des taux négatifs. Si les

1,5 milliard d’euros de BFT (bons du Trésor à taux fixe et à intérêt précompté)

à 12 mois ont été émis à 0% (contre -0,06% la semaine dernière) ceux à 3 et 6

mois (respectivement 4 et 1,7 milliards) ont été placés à -0,016 et -0,01%.

En revanche l’Italie a dû consentir un taux plus élevé qu’en

juillet lors de l’adjudication de BOT (bons du trésor à court terme) à 12 mois

après les tensions enregistrées en fin de semaine dernière. Ces titres ont été

placés avec un rendement moyen de 2,767%, contre 2,697% lors de la dernière

adjudication de dette à 1 an le 12 juillet. La partie courte de la courbe des taux de l'Italie et de l'Espagne avait bénéficié ces dernières semaines de la promesse de Mario Draghi, le patron

de la banque centrale, de la mise en oeuvre d'un programme de rachats

d'obligations sur ces maturités, entraînant une forte détente des taux. Mais

vendredi, la courbe avait repris sa pente ascendante sur les doutes entourant la

capacité de la BCE

(Banque centrale européenne) à résoudre les problèmes posés par ces deux

économies. A cela s’ajoutait la faible liquidité du marché dans cette période

estivale qui engendre une plus importante volatilité. Ce lundi, les rendements

à 2 ans italien et espagnol continuaient de se tendre à 3,411 et 4,056%,

respectivement. Les taux allemand et français se situaient quant à eux à -0,047

et 0,158%.

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