L'effet "Draghi" passé, les rendements espagnols et italiens court terme se redressent

le 10/08/2012

Les rendements des dettes à deux ans espagnoles ont gagné 39 points de base à 3,71%, vendredi en milieu de journée, et ceux des dettes italiennes à deux ans 22 points de base à 3,31%.

L'effet

L’effet Mario Draghi, le gouverneur

de la Banque centrale européenne (BCE), s’est nettement estompée ce vendredi

sur le marché des dettes souveraines. Les rendements de la dette à court terme

espagnole et italienne se sont redressés, signe que la prudence revient après le

vent d’optimisme soufflé par le banquier central les semaines passées.

Vendredi en milieu de journée, les rendements à deux ans espagnols ont gagné 39 points de base à 3,71%, et ceux d'Italie à deux ans 22 points de base à 3,31%. Dans l'après midi, ces rendements ont atteint

respectivement 4,025% et 3,342%.

Les taux à deux ans espagnol et

italien ont reflué des cimes (au dessus de 7% pour l'Espagne et de 6% pour l'Italie) lorsque Mario Draghi a affirmé, le 26 juillet puis le jeudi

2 août, que la BCE est prête à faire tout son possible dans le cadre de son

mandat pour assurer la pérennité de la zone euro. Le 6 août l'emprunt espagnol est

tombé à 3,65% contre 6,43% la veille, et l’emprunt italien à  3,08% contre 4,95%.

La partie courte

de la courbe des taux de ces deux pays a bénéficié jusqu’à présent de la promesse

de Mario Draghi de la mise en œuvre d'un programme de rachats d'obligations de

maturité courte de la part de la BCE, pour peu que les pays épaulés en

formulent explicitement la demande et que les autres Etats membres se tiennent

prêts à activer les fonds de secours européennes (Fonds européen de stabilité

financière, Mécanisme européen de stabilité).

Mais à présent les investisseurs

doutent de la capacité de la BCE à isoler les cas espagnol et italien du reste

de la zone euro. Et les craintes portent sur le niveau de tension que les

marchés devront atteindre avant que la BCE accepte d’intervenir.

"Nous pensons que les taux

espagnols devront dépasser les niveaux actuels avant que le gouvernement

espagnol se résolve à demander officiellement une aide du FESF ou du MES sous

la forme de rachats d'obligations", écrit dans une note Justin Knight,

stratégiste taux chez UBS. Et d'ici à ce que Madrid fasse la démarche, les taux

espagnols vont continuer à monter, prévoit-il.

Le mois de

septembre sera déterminant pour la zone euro et les marchés avec un premier

rendez-vous dès le jeudi 6 lorsque se réunira le conseil des gouverneurs de la

BCE qui devrait préciser les mesures concrètes envisagées par Mario Draghi et

tant attendues par les marchés.

En attendant "la

pentification impressionnante de la courbe des taux espagnols (depuis les

propos de Mario Draghi) ne constitue pas une réévaluation fondamentale du

risque de crédit", affirme Christoph Rieger, stratégiste taux chez

Commerzbank. "Le 'rally' s'est fait dans un marché très peu liquide et

donc vulnérable à une poursuite de la correction si la BCE ne donne pas une

réponse convaincante le mois prochain." 

Les stratégistes taux de Société générale aboutissent aux mêmes

conclusions. "Dans ce contexte, notre position de long terme reste la même

et consiste à détenir ce qui est perçu comme des actifs sûrs", écrit

Ciaran O'Hagan dans la note hebdomadaire sur les taux de la banque. Il

préconise en ce moment d'acheter des obligations japonaises.

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