Pékin a les mains libres pour contrer le ralentissement de l'activité

le 09/08/2012

La hausse des prix à la consommation est retombée en juillet à son plus bas niveau depuis 30 mois, avec un taux de 1,8% sur un an. Par ailleurs, les signes de ralentissement se sont multipliés aujourd'hui. Parmi les indicateurs publiés, la production industrielle n'a augmenté que de 9,2% en juillet, le plus faible taux en plus de trois ans.

Pékin a les mains libres pour contrer le ralentissement de l'activité

L'inflation décélère en Chine et l’espoir

de mesures de soutien à l’activité grandit. La hausse des prix à la consommation

est retombée en juillet à son plus bas niveau depuis 30 mois, avec un taux de

seulement 1,8% sur un an. En juin la hausse était de 2,2% et en juillet 2011 de …

6,5%.

Pour les seuls prix alimentaires

la hausse est revenue à 2,4% en juillet sur un an, contre + 3,8% en juin. Les

prix non alimentaires ont augmenté de 1,5%, contre 1,4% en juin.

La banque populaire de Chine semble

désormais en mesure de mettre à exécution sa promesse de soutenir l’économie

qui confirme, statistiques après statistiques, 

son ralentissement. Pour 2012, les autorités chinoises tablent sur une croissance de 7,5%.  Jeudi ,

l’institut d’émission chinois a déclaré qu'il fera en sorte d'assurer

une croissance régulière et adaptée de la masse monétaire et du crédit pour

soutenir la croissance du Pib. Dans son rapport trimestriel consacré à la mise

en oeuvre de la politique monétaire, il précise qu'il poursuivra les réformes

relatives aux taux d'intérêt et accroîtra la flexibilité du yuan. La banque

centrale a également averti que l'économie mondiale pourrait retomber en

récession.

Selon Zhang Zhiwei, économiste

chez Nomura à Hong Kong, la hausse des prix à la consommation sera inférieure à

l'objectif officiel de 4% cette année. "Aussi, estime-t-il, le

gouvernement va très certainement se concentrer sur la croissance." Après les baisses de taux d'intérêt en juin et juillet, la banque centrale

chinoise devrait à nouveau assouplir le coût du crédit au troisième trimestre,

estiment les analystes interrogés par Reuters. Ils s'attendent aussi à de

nouvelles mesures réduisant le montant des réserves que doivent obligatoirement

détenir les banques, ce qui devrait libérer des liquidités pour les prêts aux

ménages et aux entreprises.

Il est vrai que les signes de baisse

de régime de l’activité en Chine se sont multipliés aujourd’hui. La crise de la dette en zone euro et la reprise fragile aux Etats Unis font sentir leurs effets sur l'empire du Milieu dont les commandes à l'export ont enregistré leur plus forte baisse en huit mois. Conséquence logique, la production

industrielle a ralenti en juillet, sa hausse se limitant à 9,2% en rythme

annuel, la plus faible en plus de trois ans. Les analystes s'attendaient au

contraire à voir sa croissance accélérer à 9,8% après 9,5% en juin. De leur

côté les ventes au détail ont augmenté de 13,1% d'un an sur l'autre, un peu en

dessous du taux de 13,7% espéré. Dans la même tonalité, les

investissements en actifs fixes, pilier traditionnel de la croissance

économique chinoise, n’ont  augmenté que

de +20,4% entre janvier et juillet par rapport à la même période un an plus tôt.

L'investissement immobilier n’a pas échappé à la décélération en affichant une

hausse de 15,4% sur les sept premiers mois de 2012 par rapport à la même

période un an plus tôt, contre16, 6% sur les six premiers mois de l'année. Les

constructions nouvelles ont même chuté de 9,8% en rythme annuel sur les sept

premiers mois de l'année, accélérant le recul de 7,1% enregistré au premier

semestre. Cette tendance marque un assagissement de ce marché qui fait craindre depuis des mois un phénomène de bulle.

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