Christian Noyer, gouverneur de la Banque de France

La BCE doit être "prête à intervenir très vite"

le 09/08/2012

Christian Noyer, gouverneur de la Banque de France, estime, dans une interview au Point, qu'il ne faut avoir "aucun doute sur la détermination du conseil des gouverneurs et sur sa capacité à agir dans le cadre de son mandat."

La BCE doit être

La Banque centrale européenne

(BCE) est déterminée à faire baisser les primes de risque élevées de pays comme

l'Espagne et l'Italie sur les marchés et doit être "prête à intervenir

très vite", a déclaré le gouverneur de la Banque de France.

Dans une interview

publiée jeudi par Le Point, Christian Noyer souligne en outre que le mandat de

l'institution de Francfort est "aussi de veiller à la solidité de

l'euro".

Interrogé sur l’absence

de concrétisation des interventions récemment promises par la BCE et son

président, Mario Draghi, pour détendre les rendements sur les emprunts espagnols

et italiens, Christian Noyer répond qu'il ne faut avoir "aucun doute sur

la détermination du conseil des gouverneurs et sur sa capacité à agir dans le

cadre de son mandat." Le 2 août, à l’issue du conseil

des gouverneurs de la Banque centrale, Mario Draghi a réaffirmé son intention

de réactiver les rachats de dette souveraine sur le marché secondaire si la situation l’exigeait, une

promesse conditionnée toutefois par la formulation de la demande de la part du pays susceptible

d’être épaulé, et par l’entrée en scène des fonds de secours de la zone

euro (Fesf, Mes).

"Nous

devrions être prêts à intervenir très vite", dit-il, en ajoutant que les

opérations de la BCE "seront d'une ampleur suffisante pour avoir un impact

sur les marchés". Reprenant les propos de Mario Draghi, Christian Noyer a

confirmé que la BCE entendait privilégier les rachats d'obligations de

maturités courtes pour ces interventions qui ont pour objectif "de contrer

l'apparition de primes de risques excessives sur certaines dettes

souveraines." De même, il a

souligné que des interventions éventuelles n'auront de sens que si les Etats

concernés le demandent, à savoir s'ils "décident d'agir et d'activer les

mécanismes de solidarité et d'accompagnement du redressement budgétaire qu'ils

ont mis en place".

Christian Noyer a

d'autre part dénoncé un "faux procès" fait à la BCE, qui se voit

reprocher de ne pas utiliser tous les moyens en sa possession pour venir en

aide à des pays auxquels la zone euro a demandé des efforts d'ampleur. "Aucune

banque centrale dans le monde, ni la Fed ni la banque d'Angleterre, ne finance

directement ni n'achète directement de la dette sur le marché primaire (des

émissions d'obligations : NDLR), pour financer leurs déficits",

dit-il. Et d’ajouter que la BCE pouvait toutefois intervenir sur le marché

secondaire, celui des obligations d'Etat en circulation, comme elle l'a déjà

fait.

Le gouverneur de

la banque de France déclare par ailleurs que la BCE n'envisage pas une sortie

de la Grèce de la zone euro et qu'il ne faut pas assimiler l'Espagne à la

Grèce."L'Espagne est compétitive (...) elle procède à des réformes

impressionnantes et réinvente un modèle de croissance".

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