La récession italienne accroît l'urgence d'une intervention en zone euro

le 07/08/2012

Le produit intérieur brut (PIB) italien a reculé de 0,7%, affichant son quatrième trimestre consécutif de récession. Six autres pays membres de la zone euro devraient connaître une contraction de l'activité cette année, selon des économistes.

La récession italienne accroît l'urgence d'une intervention en zone euro

L'économie italienne s'est contractée plus que

prévu au deuxième trimestre, selon les chiffres préliminaires publiés ce mardi

par l'agence nationale des statistiques, compliquant les efforts de réduction

du déficit du gouvernement de Mario Monti.

Le produit intérieur brut (PIB)

italien a reculé de 0,7%, affichant son quatrième trimestre consécutif de récession. En rythme annuel, le repli du

PIB italien ressort à 2,5%, sa plus forte chute depuis fin 2009.  Les mesures d'austérité  mises en oeuvre  Mario Monti depuis fin 2011, à hauteur de 20

milliards d'euros, consistent pour l’essentiel en hausses d'impôts et minent le

moral des consommateurs.

Les indicateurs qui viennent d’être

publiés sont une mauvaise nouvelle pour le président du Conseil qui vise une

réduction du déficit budgétaire à 0,1% du PIB en 2014.  La récession va inéluctablement se traduire

par une diminution des revenus fiscaux et  une baisse de l'emploi et de la consommation. Des

analystes interrogés par Reuters ont évalué le déficit public à 2,3% du PIB

pour 2012 et 1,3% pour 2013, alors que les prévisions gouvernementales sont

respectivement de 1,7% et 0,5%. Les investisseurs doutent de plus en plus de la

capacité de l'Italie à réduire sa dette publique (environ 123% du PIB), alors

que ses coûts d'emprunts sur les marchés tutoient le seuil de 6%, un niveau

jugé insoutenable à long terme.

La panne économique italienne s’inscrit dans un

paysage européen particulièrement morose. Selon les prévisions de Bank of America Merrill Lynch, sept pays devraient terminer l'année en récession, la zone euro dans son ensemble risquant de ne pas échapper à ce sort avec une prévision de -0,7%. Outre l'Italie, l'Espagne, le Portugal, la Grèce, la Belgique, l'Irlande et les Pays-Bas devraient voir leur activité se contracter en 2012. En Espagne, le chef du gouvernement,

Mariano Rajoy, a admis vendredi de manière implicite et pour la première fois

que Madrid pourrait solliciter une aide européenne, mais pas avant d'en

connaître les conditions ainsi que les mesures envisagées en parallèle par la

Banque centrale européenne (BCE). "Je ferai, comme je l'ai toujours fait,

ce que je crois être dans l'intérêt du peuple espagnol", a déclaré Mariano

Rajoy. "On ne peut pas être chef du gouvernement et penser à autre

chose."

Autre membre de la zone euro en grande difficulté,

la Grèce continue de jouer son avenir parmi les 17. Une sortie de l’Etat

hellène de la zone euro « serait gérable mais cela ne veut pas dire

qu'elle est souhaitable, parce qu'il y aurait beaucoup de risques associés pour

la population en Grèce", a déclaré mardi le président de l'Eurogroupe,

Jean-Claude Juncker, lors d'un entretien à la chaîne de télévision allemande

WDR, et publié par le site du gouvernement luxembourgeois. Prié de dire s'il

excluait catégoriquement une sortie de la Grèce de la zone euro, Jean-Claude

Juncker, également Premier ministre luxembourgeois, a répondu : "Au moins

jusqu'à la fin de l'automne. Et après cela également".

Confrontés à la pire crise de sa courte histoire,

les dirigeants de la zone euro ont apporté,  sous la pression des marchés, des éléments de réponse

à l’urgence de la situation. Jeudi, le président de la BCE, Mario

Draghi, a confirmé la possibilité d’une intervention sur le marché de la dette

souveraine, mais sous condition. Le pays aidé devra satisfaire un certain

nombre d'objectifs budgétaires, de réformes structurelles et institutionnels

pour être éligible au FESF (Fond européen de stabilité financière) ou plus tard

au MES (Mécanisme européen de stabilité). Le FESF interviendrait sur le

marché primaire et la BCE sur le marché secondaire. Enfin la BCE interviendra sur la partie courte de la courbe. Mais pour l'heure aucun montant ni aucun calendrier n'ont été annoncés. 

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