Mario Draghi confirme que des rachats de dettes souveraines sont à l'ordre du jour

le 02/08/2012

Le conseil des gouverneurs pourrait décider de prendre des mesures de politique monétaire non conventionnelles, a déclaré le président de la BCE ce jeudi, lors de la conférence de presse qui s'est tenue à l'issue de la réunion du conseil de politique monétaire. Les Etats membres sont invités à se tenir prêts à à activer les fonds d'urgence.

Mario Draghi confirme que des rachats de dettes souveraines sont à l'ordre du jour

 

"Le conseil des gouverneurs examinera des mesures de politique monétaire non conventionnelles en fonction de ce qui est nécessaire pour rétablir la transmission de la politique monétaire", a déclaré Mario Draghi, président de la Banque centrale européenne (BCE) lors d'une conférence de presse qui s'est tenue à l'issue du conseil de la politique monétaire. Celui-ci a décidé de maintenir inchangé le taux de refinancement (0,75%). Le banquier central a également rappelé que le conseil des gouverneurs "peut mettre en oeuvre des opérations sur le marché monétaire d'une ampleur adéquate pour atteindre son objectif".

Concernant les mesures non conventionnelles, qu'il avait déjà évoquées lors d'une intervention le 26 juillet,  il s'agira d'un "effort différent du SMP" (Securities markets program), le programme de rachat d'obligations souveraines de la BCE,  et il "sera mis en oeuvre sur le marché secondaire", a précisé Mario Draghi . En outre ces efforts seront concentrés sur la partie la plus courte de la courbe des rendements. "Nous avons une conditionnalité explicite ici comme condition nécessaire (...) il y a une totale transparence sur les pays où cela sera mis en oeuvre et sur les montants (...)", a t-il ajouté.

Mario Draghi a par ailleurs invité les gouvernements des Etats membres à se tenir prêts à 

à activer les fonds d'urgence (le FESF et bientôt le MES). Toutefois,  "cette activation devra s'accompagner de conditions strictes", a t-il dit,  afin de limiter tout risque de hasard moral. 

"Comme la mise en oeuvre prend du temps et que les marchés ne s'ajustent qu'une fois que le succès est clairement visible, les gouvernements doivent être prêts à activer le MES/FESF sur le marché obligataire en cas de circonstances exceptionnelles sur les marchés financiers et de risques pour la stabilité financière, avec une conditionnalité stricte et réelle conformément aux directives en vigueur", a précisé Mario Draghi.

Le banquier central est revenu sur l'hypothèse d'attribution d'une licence bancaire au Mécanisme européen de stabilité (MES)  qu'il estime impensable dans la configuration actuelle.  Il a également enjoint aux responsables politiques de la zone euro d'accélérer les réformes ainsi que la consolidation budgétaire afin de faire baisser la prime de risque qui perturbe le marché de la dette souveraine.

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