L'adjudication italienne confirme pour l'instant la détente des rendements

le 27/07/2012

Rome a adjugé ce matin 8,5 milliards d'euros de bons à six mois, avec un taux d'intérêt moyen en net recul à 2,454% contre 2,957% fin juin.

L'adjudication italienne confirme pour l'instant la détente des rendements

L'Italie a adjugé vendredi 8,5 milliards d'euros de bons à six mois,

avec un rendement moyen en net recul, reflet de la détente sur la dette

des Etats périphériques de la zone euro après l'engagement du président

de la Banque centrale européenne (BCE), Mario Draghi. Hier, le banquier central a promis de faire tout son possible

pour sauver l'euro dans le cadre de son mandat.

Le rendement moyen est ressorti à 2,454%, contre 2,957% fin juin, son plus bas niveau depuis le mois de mai. Le ratio de couverture a été de 1,6, comme en juin. Le rendement des obligations italiennes à 10 ans s'est légèrement

retendu après un net recul jeudi, dans un marché prudent dans l'attente de mesures concrètes en provenance de la BCE.

Ce matin, la Bundesbank, banque centrale allemande,  s'est employée à relativiser les propos, pourtant bien accueillis hier par les marchés, du président de la BCE. La Buba a estimé qu'il serait moins problématique que le FESF (Fonds européen de stabilité financière) rachète des obligations souveraines plutôt que la BCE, mais que l'octroi d' "une licence bancaire pour le fonds d'urgence

reviendrait de fait à financer les Etats en faisant marcher la planche à

billets et serait une voie fatale qui est pour cela interdite par le

traité de l'Union européenne". Mercredi Ewald Nowotny, membre du Conseil des gouverneurs

de la BCE, avait évoqué plusieurs arguments plaidant en

faveur de l'octroi d'une licence bancaire au Mécanisme européen de

stabilité (MES).

Le débat sur l'issue à la crise de la zone euro reste donc très ouvert et la détente observée lors de l'adjudication italienne doit être considérée avec prudence. Toute la liquidité actuellement disponible sur le marché "peine à franchir les Alpes (et les Pyrénées),

très peu d'investisseurs étant prêts à prendre des positions sur la

partie longue de la courbe espagnole ou italienne", estime Richard

McGuire, stratégiste taux chez Rabobank, cité par Reuters. "Même s'il y a

clairement un gain en termes de rendement, ces marchés sont considérés

comme trop dangereux en raison de l'énorme incertitude sur les

développements de la crise de l'euro", ajoute-t-il.

Lundi la patience des investisseurs sera de nouveau testée avec une adjudication italienne de 4,75 milliards d'euros

d'obligations à cinq et 10 ans, ainsi que de 750 millions d'euros

d'obligations à trois ans.

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