Mario Draghi prêt à faire tout ce que lui autorise son mandat pour préserver l'euro

le 26/07/2012

Le président de la BCE a fait allusion aux rachats de titres souverains en estimant que si la hausse du coût des emprunts d'état pénalise la transmission de la politique monétaire, il pourra agir.

Mario Draghi prêt à faire tout ce que lui autorise son mandat pour préserver l'euro

La Banque centrale européenne (BCE) est prête,

dans le cadre de son mandat, à faire tout son possible pour assurer la

pérennité de l'euro, y compris lutter contre des coûts d’emprunt

déraisonnablement élevés pour les Etats membres, a déclaré jeudi son président,

Mario Draghi.

"Dans

le cadre de notre mandat (...), la BCE est prête à faire tout ce qu'il faudra

pour préserver l'euro", a martelé Mario Draghi lors d'une conférence

organisée ce jeudi matin à Londres, à la veille de l'ouverture des Jeux

olympiques. "Et croyez moi, ce sera suffisant", a-t-il ajouté.

Depuis

des semaines, les marchés financiers espèrent que l'institution de Francfort

prendra de nouvelles mesures pour soutenir l'activité économique et le crédit

et qu'elle volera sans plus tarder au secours des pays de la zone euro en

difficulté comme l’Espagne. Les coûts d'emprunt de Madrid sur le marché se sont

envolés au dessus de 7% pour les obligations à dix ans. Les experts estiment que l'Espagne ne

pourra pas soutenir plus de quelques mois un tel niveau de coût et risque de

devoir faire appel à la solidarité européenne, fragilisant à leur tour les

piliers de la zone euro que sont l’Allemagne et la France.

Parmi

les responsables politiques européens, le débat est animé sur les outils que

pourrait mettre en oeuvre la BCE sans outrepasser ses statuts.  Mario

Draghi a précisé que "si les primes sur les emprunts d'état pénalisent la

transmission de la politique monétaire, elles entrent dans le cadre de notre

mandat". Il a ainsi fait une allusion à peine voilée aux programmes de rachat des titres (SMP)

dont la BCE n'a pas usé depuis des mois.

Début juillet Mario Draghi avait laissé entendre que l'octroi d'une

licence bancaire au Mécanisme européen de stabilité (MES) outrepasserait

le mandat de la BCE, car elle ouvrirait la voie à une monétisation de la dette

des Etats. Mais depuis, la perspective

d'une crise de liquidité de l'Espagne voire de l'Italie inquiète les banquiers

centraux.Mercredi Ewald Nowotny, membre du conseil des gouverneurs de la BCE, a

évoqué pour la première fois l'octroi éventuel d'une licence bancaire au MES

afin d'accroître sa capacité d'intervention sur les marchés de titres

souverains.

En

attendant de passer aux actes, le président de la BCE a, par la simple magie de

son verbe, permis à l’euro de se redresser contre le dollar. Le président de la BCE

a assuré que "la zone euro est beaucoup, beaucoup plus forte qu'on ne le

reconnaît aujourd'hui".

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