S&P ignore l'accord franco-allemand

le 06/12/2011

Illustration Thinkstock/Agefi

Des responsables européens ont vivement réagi ce matin après l'annonce par l'agence de notation Standard & Poor's (S&P) d'une possibledégradation à très court terme dela note de 15 pays de la zone euro. La France est particulièrement visée par la menace de S&P. Mais pour le ministre de l’économie François Baroin «c’est la zone euro qui est mise sous surveillance. C'est la zone euro qui a des problèmes d'instabilité, de coordination budgétaire, de convergence fiscale. Cette annonce de mise sous surveillance de la zone euro n'intègre pas les propositions franco-allemandes».

Pour sa part, le gouverneur de la Banque de France Christian Noyer s'en est pris directement aux agences de notation, réclamantune réflexion sur leur rôledans la crise des dettes souveraines. Il a aussi affirmé que l’Etat n’aurait pas à soutenir les banques françaises.

Auparavant,Jean-Claude Juncker, le président de l'Eurogroupe, a qualifié de «follement exagéré et injuste» l'avertissement de Standard & Poor's.

Mais face à ce concert de critiques, l’agence de notation a fait front. «En ce moment, nous sommes dans une situation où la crise est passée d'une simple crise de financement d'Etat à une crise où le système bancaire a été systématiquement fragilisé et où l'échec à maîtriser les choses a accru les chances de voir l'économie réelle ralentir», selon S&P.

Hier, l’agence a annoncé que la plupart des pays de la zone euro pourraient voir leur note abaissée en raison d'une aggravation de la crise de la dette qu'est censé résoudre un sommet européen prévu vendredi. L'agence de notation a précisé avoir mis sous surveillance avec implication négative 15 pays de la zone euro en raison de l'accroissement des tensions systémiques observées au cours des dernières semaines. La France est particulièrement visée car elle pourrait être dégradée de deux crans contre un seulement pour les cinq autres pays AAA de la zone euro.

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