Fort d'une trésorerie confortable et d'un endettement massivement réduit, Wendel va poursuivre ses acquisitions en visant des cibles plus importantes que ses dernières opérations. Le groupe de capital investissement s'est fixé comme objectif de détenir d'ici quatre à cinq ans «une dizaine» de sociétés, principalement non cotées, dans son portefeuille géré en direct, contre six actuellement, sans compter la cession prochaine de Deutsch à TE Connectivity. Il n'exclut pas d'éventuelles sorties entretemps.
«Nous pensons à des tickets unitaires en equity de 200 à 500 millions d'euros sans bien sûr que ces bornes ne soient infranchissables», a déclaré Frédéric Lemoine, le président du directoire, lors d'une journée investisseurs. Le groupe disposait d'une trésorerie totale de 874 millions d'euros au 22 novembre et de 700 millions de crédit syndiqué non tiré. Il aura recours à des leviers d'endettement plus modérés, sa dernière acquisition, Mecatherm, affichant par exemple un levier de 3 fois l'Ebitda.
Wendel entend également poursuivre la réduction de sa dette brute après l'avoir ramenée de 8,4 milliards début 2009 à 4,7 milliards d'euros. La société a remboursé plus de 1,5 milliard cette année, dont 300 millions de dette avec appels de marge courant novembre.
Concernant la dette de sa filiale Materis dont la renégociation a été annoncée en novembre, Wendel a confirmé qu'il cherchait à repousser les échéances jusqu'en 2016, alors que les premières arrivent dès 2013. «Nous aurons les premiers résultats avant la fin de l'année», a indiqué Olivier Legrain, le directeur général du spécialiste des matériaux de construction.
Malgré la chute des marchés actions depuis l'été, Wendel est parvenu à faire progresser son actif net réévalué (ANR) à 76,6 euros par action contre 75 euros fin août, le produit net de 954 millions de la cession de Deutsch ayant plus que compensé la perte de valeur de 750 millions des sociétés cotées qu'il détient en portefeuille, à savoir Saint-Gobain, Bureau Veritas et Legrand. Le titre Wendel affiche une décote de 30,1% sur la base du cours de clôture de vendredi.
Rebondissant sur la valorisation de Deutsch très supérieure aux estimations des analystes, Frédéric Lemoine a souligné que celle de ses autres participations était sous-estimée dans son ANR en raison de l'application de la méthode des comparables cotés. «Il y a beaucoup de valeur cachée dans nos sociétés non cotées».