Lors de la présentation de ses comptes semestriels fin août, Wendel avait admis que les négociations avec les créanciers de Stahl (produits de finition pour le cuir) étaient «serrées». Contrairement à la restructuration de Materis, qui s'est passée plutôt facilement, Wendel doit composer avec Carlyle, un autre actionnaire financier qui, comme lui, contrôle 48 % du capital de la société. Les deux investisseurs avaient acquis Stahl en mai 2006 pour 520 millions d'euros, dont une dette de 360 millions arrangée par JPMorgan et Lehman Brothers.
Selon sa proposition faite aux créanciers jeudi dernier à Londres et révélée par Debtwire, Wendel prévoit une injection de 60 millions d'euros de fonds propres, afin de racheter au moins 69 millions d'euros de dette senior. Après restructuration, le financement se composerait de 150 millions de dette senior et d'une dette junior de 47,5 millions. En outre, les règles régissant le contrat de crédit seraient assouplies. Certains prêteurs devraient également apporter une ligne de crédit renouvelable de 25 millions pour les besoins en fonds de roulement de sa société. Le prêt second lien de 45 millions et la mezzanine de 70 millions du financement initial seraient annulés et leurs détenteurs recevraient en échange entre 2 % et 4 % du capital de Stahl. Surtout, cette proposition ferait monter Wendel à 90 % du capital.
Wendel n'a pas souhaité commenter ces informations. Mais une source proche les a confirmées. Le steering comitee (composé d'Alcentra, Bluebay, ING, Investec et JPMorgan) a accepté l'idée d'une renégociation. Mais le reste des créanciers pourraient hésiter d'autant plus que Carlyle envisage de prendre part à la restructuration. Les discussions sont toujours en cours.
«Carlyle n'a pas été intégré à la proposition parce qu'a priori ils ne souhaitaient pas injecter d'argent frais», a indiqué la source proche de Wendel, précisant que l'investisseur français ne verrait aucun inconvénient à continuer à travailler avec Carlyle – qui n'a pas été en mesure de répondre aux sollicitations de L'Agefi. Néanmoins, ses hésitations peuvent se comprendre : société cotée, Wendel n'est pas tenue par un horizon d'investissement. A l'inverse de Carlyle, qui lève des véhicules auprès d'investisseurs institutionnels. Ce type de sociétés de gestion de private equity déclare typiquement conserver un actif entre quatre à six ans.