Wendel multiplie les initiatives pour faire face à un « contexte économique particulièrement difficile », selon les termes du président de son directoire, Frédéric Lemoine. La société d'investissement a en effet fait part hier d'un chiffre d'affaires en repli de 1,2 % au premier semestre, à 2,458 milliards d'euros. Le dirigeant a pourtant souhaité mettre en exergue la « très grande résilience » à la crise des sociétés en portefeuille, Bureau Veritas et Stallergènes seules parvenant à enregistrer une croissance organique de leurs ventes (+6,0 % et +11,1 %). Celles de Legrand (société mise en équivalence), ont par exemple cédé 16,7 %. Toutes ont, selon Frédéric Lemoine, « mis en oeuvre avec détermination des plans d'adaptation opérationnels ambitieux ».
De quoi confirmer la prévision d'une « perte comptable très significative au premier semestre et pour l'ensemble de l'année 2009 ». Le groupe avance notamment que « la perte de dilution liée aux augmentations de capital de Saint-Gobain et au paiement d'une partie du dividende en titres avoisinera les 740 millions d'euros. »
Dans ce contexte, Wendel entend bien poursuivre ses efforts d'adaptation financière, pour, selon le président du directoire, « être en mesure, à partir de 2010, de saisir les nouvelles opportunités créatrices de valeur ». Le dirigeant s'est ainsi réjoui, dans le cadre de la dette de 5,5 milliards d'euros liée à la participation (de 17,7 %) au capital de Saint-Gobain, du report à juin 2015 d'une échéance de 800 millions prévue en juin 2011.
Mais cet accord ne serait « qu'une pièce du puzzle », a assuré hier Frédéric Lemoine. Car le groupe entend aller plus loin, les discussions avec les banques visant plus largement à « mieux aligner la maturité (des) financements avec l'horizon de long terme de la détention (des) titres Saint-Gobain ». Frédéric Lemoine a assuré « travailler à différentes solutions pour adapter notre passif à notre stratégie ».
Déjà, des travaux ont été engagés au niveau des filiales, après la restructuration du bilan de Materis concrétisée le mois dernier. Wendel a ainsi annoncé hier que Deutsch avait initié début juillet des pourparlers avec ses prêteurs afin de parvenir à un réaménagement de ses clauses bancaires (covenants), tandis que Stahl « est en cours de renégociation de sa dette bancaire ». Frédéric Lemoine a confirmé ne pas envisager de nouvelles cessions d'actifs cette année.