Face à la dégradation des conditions de marché, les fonds d'investissement préfèrent l'introspection. La remarque vaut aussi pour Wendel. Frédéric Lemoine, président du directoire de la holding cotée, a déclaré n'avoir aucun projet de cession ni d'acquisition pour l'instant. En effet, la situation financière de la holding et de ses participations lui ont donné suffisamment de grain à moudre au premier semestre : Wendel accuse une perte nette de 960 millions d'euros, contre un bénéfice de 314 millions un an plus tôt.
Ainsi, la chute du titre Saint-Gobain en Bourse a obligé la firme à passer une dépréciation de 705 millions d'euros dans ses comptes ; les augmentations de capital du groupe de matériaux de construction et le versement de 65 % de son dividende en actions ont également conduit la société à enregistrer 742 millions de pertes de dilution. Des coûts que ni la progression des protections liée à la baisse de l'action (qui a permis à Wendel de passer une écriture comptable de 136 millions), ni les plus-values engrangées à travers des cessions totales ou partielles (464 millions) n'ont pu compenser. Après avoir atteint 21 %, la part de Wendel a reculé à 17,7 % du fait des diverses opérations sur son capital.
Cette situation a conduit Wendel à améliorer sa situation financière et celle de ses participations. La holding a par exemple allongé de près de trois ans la maturité moyenne de 1,26 milliard de financements sur Saint-Gobain, sur les 5,5 milliards contractés au total pour cette acquisition. Il a également amélioré sa trésorerie disponible de 400 millions d'euros, à 1,44 milliard. En outre, Frédéric Lemoine a annoncé avoir signé en août un accord avec les créanciers de Deutsch (connecteurs), prévoyant la suspension du contrat de crédit pendant les neuf prochains mois. Des discussions « serrées » sont en cours pour Stahl (produits de finition du cuir). Wendel a prévu une enveloppe comprise entre 100 et 150 millions d'euros à réinjecter dans ces deux sociétés pour le cas où – en plus des 36 millions injectés dans Materis en juin au moment de la renégociation de sa dette.
Le marché semble croire au potentiel de la holding. Si son titre a perdu 7,04 % hier (à 32,925 euros), il s'était fortement apprécié en août. Il demeure proche de son actif net réévalué. Ce dernier est passé de 22 euros en décembre 2008 à 30,5 euros au 31 mai et 37,2 euros au 26 août.