Le moteur est reparti, malgré quelques soubresauts. Les dirigeants franco-allemands ont réaffirmé leur " amitié solide ", tout en prenant soin d'éviter les sujets qui fâchent. A l'issue du sommet d'Avignon, le chancelier allemand Helmut Kohl et le président français Jacques Chirac ont annoncé le lancement d'une nouvelle " initiative commune " en vue du Conseil européen de Cardiff du 15 et 16 juin, portant sur la définition des compétences respectives de l'Union européenne, des Etats et des pouvoirs locaux. Jacques Chirac et Helmut Kohl devraient adresser dans les jours qui viennent une lettre commune à la présidence britannique accusée à cette occasion par le Premier ministre Lionel Jospin de ne pas avoir entièrement rempli son rôle dans la préparation du sommet de Bruxelles et d'avoir provoqué les déboires survenus dans la nomination du président de la Banque Centrale Européenne visant " à essayer de bien cadrer cette réflexion commune sur l'Europe et la mise en uvre claire du principe de subsidiarité ". Certaines divergences sont cependant, là encore, apparues, Helmut Kohl se référant à une " Europe fondée sur l'identité de chacune des nations " selon un " triptyque : racines locales, patrie, Europe ", contre " l'Europe des Etats " de Jacques Chirac. Ces divergences ne relevaient toutefois que de simples " problèmes de traduction " selon le chef de l'Etat français.
Le ministre allemand de l'Economie Guenter Rexrodt a mis en avant l'Euro-11 en tant que " lieu d'informations " dans le cadre d'une action " pragmatique ", bien loin du rôle de gouvernement économique que veulent lui faire endosser les responsables français.
En outre, si la monnaie était une étape essentielle à franchir, les dirigeants français et allemands ont considéré que d'autres étapes devaient l'être également. Dès lors, " cela signifie qu'il faut maintenant préciser les compétences, dans l'avenir, des autorités locales, des Etats et enfin de l'Europe ", a précisé le président français.
Par ailleurs, dans un tout autre cadre, le chancelier allemand a souligné que " le temps presse " pour la restructuration de l'industrie aéronautique civile et militaire européenne face " au défi lancé aux Européens " par l'Américain Boeing. Si l'ensemble des responsables présents se sont rejoints sur la nécessité d'accélérer les décisions dans ce domaine, voire autour d'une " volonté d'intégration ", aucune avancée concrète n'a pu être réalisée.