Les organes représentant la profession, dont la Fédération française des sociétés d'assurances (FFSA) et le Groupement des entreprises mutuelles d'assurance, ne commentent pas. Pourtant les noms des membres de l'Autorité de contrôle prudentiel (ACP), qui va succéder à l'Autorité de contrôle des assurances et des mutuelles, au comité des entreprises d'assurance (CEA), au comité des établissements de crédit et des entreprises d'investissement (CECEI) et à la Commission bancaire, devraient être bientôt connus. L'habilitation à légiférer par ordonnance octroyée par la Loi de modernisation de l'économie a une échéance, avant le 5 février 2010.
Le vice-président pourrait être Jean-Philippe Thierry, président d'AGF. Il répond aux critères du projet d'ordonnance : une «expérience professionnelle en matière d'assurance» (c'est un ancien dirigeant d'Athéna, de Generali France...), moins de 70 ans (il est né en 1948), une situation qui lui permette d'accepter le «régime indemnitaire des membres» (il prend sa retraite d'AGF-Allianz)... En outre, Jean-Philippe Thierry serait, selon nos informations, le seul à avoir fait acte de candidature officielle auprès de son ministère de tutelle. Mais c'est un arrêté conjoint des ministres chargés de l'Economie, de la Sécurité sociale et de la mutualité qui dira s'il décroche ce mandat de vice-président pour cinq ans.
Trouver le bon profil pour disposer d'un «véritable interlocuteur référent pour toute la profession de l'assurance et "intégrateur" de sa culture auprès de la Banque de France» est essentiel. D'abord parce que le poste a été prévu «dans un souci d'équilibre» face au monde bancaire, le gouverneur de la Banque de France présidant l'ACP. Ensuite parce que le projet de loi de régulation bancaire et financière, présenté par la ministre de l'Economie Christine Lagarde le 16 décembre, fonde un Conseil de régulation financière et du risque systémique qui réunit les autorités de contrôle du secteur financier.
Ce Conseil, présidé par le ministre, sera composé du gouverneur de la Banque de France, en tant que président de l'ACP, mais «assisté du vice-président», des présidents de l'autorité des marchés financiers et de l'autorité des normes comptables. Finalement, le représentant des assureurs aura une position cruciale en tant que vice-président de l'ACP, aux niveaux français et européen.