Interrogations persistantes sur la capacité de la zone euro à sortir de la crise de la dette souveraine, craintes sur le système bancaire du Vieux Continent, sur le déficit budgétaire fédéral des Etats-Unis ou sur la croissance mondiale: les facteurs d'inquiétude ne manquent pas selon UBS.
La banque suisse n'a pas hésité hier, à l'occasion de la publication de résultats trimestriels en repli et inférieurs aux attentes, à pointer du doigt un ensemble d'éléments qui «pourraient remettre en question des améliorations majeures et durables des conditions de marché actuelles et freiner en outre la croissance des revenus, les marges d'intérêts nettes et l'afflux d'argent frais». Une prudence qui a attisé hier la fébrilité des opérateurs, le titre terminant à Zurich en repli de 1,44% à 13,02 francs.
UBS a fait part hier d'une baisse de 40% des bonus au titre de 2011, à 2,57 milliards de francs (dont 707 millions ne seront pas versés immédiatement). En banque d'investissement, la chute atteint 60%. Cette division retient particulièrement l'attention. Alors que le résultat net du groupe, de 393 millions de francs au quatrième trimestre, est en chute de 76% sur un an, la banque d'investissement a affiché une perte imposable de 256 millions. Surtout, l'établissement helvétique a indiqué que les résultats de la BFI devraient continuer de peser sur ceux du groupe au premier trimestre 2012, car le renforcement «traditionnel» de l'activité à cette époque de l'exercice pourrait bien cette fois ne pas se matérialiser.
Dès lors, UBS n'a pu écarter l'idée de nouvelles mesures de réduction des coûts, particulièrement «si les conditions de marché se détériorent de façon significative». Les mesures déjà annoncées sont mises en oeuvre conformément aux attentes, concernant notamment la baisse des effectifs. Au trimestre écoulé, le nombre de salariés a diminué de 1.101 à 64.820.
Rayons d'espoir tout de même, la collecte nette d'actifs, qui a progressé de 4,9 à 6,4 milliards d'un trimestre à l'autre, ainsi que l'« excellente» solvabilité comme le souligne Tullett Prebon. Le courtier salue la hausse de 3,3 points au cours de l'exercice écoulé du ratio tier 1 sous Bâle 2.5, à 16,0%. UBS pourrait par ailleurs d'émettre dès la semaine prochaine des CoCos, obligations convertibles en actions si le ratio common equity tier 1 du groupe passe sous 5%. Une première pour des CoCos avec un seuil aussi bas.