L'abandon du protocole Etebac d'échanges électroniques entre banques et entreprises, rendu nécessaire par la directive européenne sur les moyens de paiement (Sepa), et le choix d'Orange Business Services d'arrêter le réseau téléphonique français dédié X25 en septembre 2011, ont conduit Swift à se rapprocher de l'opérateur télécom.
Les deux acteurs ont développé Hub Finance, une plate-forme d'intermédiation censée améliorer la transmission de flux de trésorerie entre les banques et leurs clients. Celle-ci était limitée par les protocoles existants: dans sa version actuelle, Etebac n'accepte par exemple que des fichiers au format fixe et offre des possibilités limitées pour les sociétés multi-bancarisées ou internationales. Il rend difficile le traitement d'opérations Sepa dans des fichiers aux normes actuelles. En outre, le réseau X25 n'étant plus guère utilisé que par les banques, il ne bénéficie plus d'investissements de la part des fabricants de matériel et logiciels dédiés.
«Hub Finance s'adresse à un marché de 90.000 entreprises utilisatrices du canal X25», explique Javier Perez-Tasso, responsable de la zone Europe, Moyen-Orient et Afrique pour Swift. En revanche, Hub Finance ne sera d'aucun intérêt pour les entreprises mono-bancarisées ou ayant une activité purement française. Son forfait d'entrée a été fixé à 490 euros par mois.
En outre, la plate-forme permettra d'intégrer la nouvelle signature personnelle présentée par Swift en mars dernier. En cours de test et développée en partenariat avec neuf groupes français et quatre banques (BNP Paribas, HSBC, le Crédit Agricole et la Société Générale), cette solution sera mise en place par les banques à partir du mois de septembre. Or, il s'agit d'un enjeu de sécurité majeur pour les entreprises.
Si Orange Business Services est en charge de la commercialisation de Hub Finance, les deux groupes sont à parité dans ce partenariat. Pour Orange, l'intérêt est de renforcer sa position auprès des banques françaises. Pour Swift (qui est détenue par ses clients banques, des sociétés financières et des entreprises), il est vital de s'assurer que la migration vers le nouveau protocole soit un succès. La société coopérative doit également répondre à la concurrence d'autres protocoles, comme l'allemand Ebics.