Les investisseurs ont cru bénéficier d'une séance de répit pour souffler, mais l'hésitation première, qui a persisté sur le Nyse avec des écarts parfois violents, s'est muée en glissade plus franche dans les deux derniers tiers de la séance. La journée de vendredi avait été spécialement agitée et, dans la panique, certains se sont délestés de valeurs qui n'avaient pourtant pas démérité. Ce qui a aussi été parfois le cas, hier lundi, tandis que les opérations de day-trade ont dominé. Les écarts ont été souvent importants sur les valeurs technologiques mais à la hausse comme à la baisse, ne laissant percer aucune tendance de fond.
Le Dow Jones des Industrielles a enregistré une hausse de 0,46 % alors que le Standard & Poor's a légèrement glissé de 0,02 %. Nettement plus faible, le Nasdaq Composite, qui a progressé en début de journée, a accusé une baisse de 2,83 %. Pourtant, certains investisseurs estiment que le pire est passé : " Nous entrons dans une période plus calme, même si traditionnellement le mois d'octobre n'est pas très bon " a indiqué Marianne Gallati, gérant chez Lombard Odier.
La plus mauvaise nouvelle de la journée concernait Medimmune qui a subi un recul de 25,81 % à 57,31 dollars. Eric Ende, analyste chez Banc of America, a revu à la baisse ses estimations, dégradant sa recommandation de " achat " à " en ligne avec le marché ". Cependant, même si ce changement a lourdement pesé sur le cours du titre, un investisseur en a modéré les conséquences : " Cet analyste était particulièrement optimiste, il n'y a donc pas lieu de revoir notre position sur cette valeur ". D'ailleurs, Goldman Sachs a maintenu Medimmune dans sa liste de valeurs recommandées.
Le marché s'attend, malgré le ralentissement aux Etats-Unis, à de bons résultats au troisième trimestre, même si la prudence est de rester à l'écart de certains titres.
Les professionnels se demandent notamment si la vente d'ordinateurs ne va pas ralentir. Le profit warning d'Apple Computer a prouvé que ce marché est en train de s'assécher. " Dans le secteur de l'informatique, nous préférons rester à l'écart des fabricants de semi-conducteurs et d'ordinateurs, qui sont des activités plus classiques, pour pouvoir mieux nous positionner sur les éditeurs de logiciels " a souligné Marianne Gallati. Veritas Software a progressé en début de journée pour finir sur des prises de bénéfice avec un déchet de 1,85 % à 139,38 dollars tandis qu'Oracle a cédé 0,24 % à 78,56 dollars.
Pour les fabricants de matériels informatiques, les progressions se sont plus apparentées à des rebonds techniques. Gateway qui a perdu plus de 16 % de sa valeur vendredi, a terminé en hausse de 1,16 % à 48,81 dollars. De même, IBM qui avait cédé plus de 4,61 % a repris 3,88 % à 117 dollars. Après son effondrement de vendredi, Apple Computer a tenté un rebond, en vain puisque l'action a fini sur un nouveau recul de 5,83 % à 24,25 dollars.
En revanche, la confiance dans les équipementiers des télécoms a été plus marquée. Dans ce secteur, l'ampleur des investissements que doivent réaliser les opérateurs offre une certaine visibilité. Nortel Networks qui a remporté un contrat de 1,4 milliard de dollars pour remettre à niveau le réseau du britannique Cable & Wireless, a terminé en hausse de 2,48 % à 61,88 dollars.
Par ailleurs, la situation de l'économie n'est pas aussi sombre que la tenue du Nasdaq Composite depuis début septembre pourrait le laisser supposer. " Si Lehman Brothers renforce son portefeuille en titres européens et non américains, c'est d'abord pour profiter de la faiblesse actuelle de l'euro, qui a sans doute atteint un plancher " a noté un investisseur. De même, la hausse du pétrole ne devrait pas trop peser sur l'économie, " la dépendance est beaucoup moins importante que dans les années soixante-dix " a rappelé ce spécialiste. Une situation qui a poussé les investisseurs à se renforcersur certains titres plus traditionnels.
Coca Cola, comme Pepsi Cola, a bien joué son rôle de valeur défensive. L'action a repris 3,17 % à 56,88 dollars.
En revanche, le moindre signe de faiblesse est vite sanctionné : Dévoilant un plan d'ouverture de 400 magasins supplémentaires, Wal-Mart a perdu 5,45 % à 45,50 dollars. De même, Boeing a perdu 9,21 % à 58,56 dollars. Lehman Brothers a abaissé sa recommandation à " neutre " suite au contrat qu'a perdu l'avionneur avec Singapore Arlines.
s C.M.