L'assemblée générale d'Eramet, le 20 mai prochain, promet d'être houleuse. Le groupe minier vient d'avertir le marché que la société Carlo Tassara France, contrôlée par l'homme d'affaires franco-polonais Romain Zaleski, a demandé l'inscription à l'ordre du jour de l'assemblée générale la révocation des mandats d'administrateur de Georges, Cyrille, Edouard et Patrick Duval, soit les quatre membres de la famille Duval, sur les quinze administrateurs siégeant au conseil d'Eramet.
Le conseil d'administration d'Eramet a intégré ces résolutions à son ordre du jour, tout en recommandant à l'unanimité – les administrateurs concernés n'ayant pas pris part au vote – de voter contre ces résolutions. L'exposé des motifs de cette demande sera disponible lundi prochain, 3 mai, sur le site d'Eramet, mais pour l'heure, le groupe minier s'est refusé à tout commentaire.
Toutefois, cette manoeuvre ne devrait pas aboutir, le pacte d'actionnaires entre la famille Duval et Areva détenant 62% du capital et 74% des droits de vote, fin décembre, alors que le troisième actionnaire, Carlo Tassara France ne détient que 12,87% du capital et 7,69% des droits de vote.
Romain Zaleski passe ainsi la vitesse supérieure dans le conflit qui l'oppose à la famille Duval. Carlo Tassara France avait assigné les sociétés Sima, Sorame, Ceir et certains membres de la famille Duval en décembre dernier, demandant au tribunal de commerce de Paris d'annuler les résolutions de l'AGE du 21 juillet 1999 ayant permis à la famille Duval de devenir le premier actionnaire d'Eramet, par l'apport d'actions Sima rémunérées en actions Eramet. Romain Zaleski reproche notamment à la famille Duval d'avoir caché le niveau de la dette de la SMC, filiale américaine à 38,5% de Sima.
En attendant, Areva pâtit particulièrement de cette bataille. Le groupe nucléaire, qui cherche à financer ses développements industriels, n'a pas caché son intention de céder cette participation de 25,63%, valorisée 1,8 milliard d'euros au prix du marché et pour laquelle il est actuellement en négociations avec le Fonds stratégique d'investissement. D'autant que les résultats 2009 se sont inscrits dans le rouge.
Dans le cadre de la procédure judiciaire en cours, le tribunal de commerce de Paris a fixé une nouvelle audience de procédure au 10 mai, mais les audiences au fond ne sont pas attendues avant le début 2011.