Clive Cowdery part à l'assaut de Friends Provident. L'homme d'affaires, à la tête du véhicule d'investissement Resolution, s'est heurté lundi à une fin de non-recevoir après avoir proposé à l'assureur vie britannique une fusion par échange de titres. En 2007 déjà, les deux groupes avaient étudié une fusion, avant que Clive Cowdery ne cède les activités de Resolution à Pearl Group, tout en conservant la marque.
Epaulé par Credit Suisse, le financier offre 80 actions dans le nouvel ensemble pour 100 titres Friends Provident apportés. Il promet une éventuelle petite partie en cash, grâce aux 600 millions de livres que le véhicule d'investissement a levés en décembre en Bourse. Aucune proposition formelle n'a été faite.
Il en faudra davantage pour convaincre les 750.000 petits actionnaires de l'ancienne mutuelle, et leur nouveau président, Adrian Montague. Dans une lettre rendue publique, ce dernier a taxé de « spéculative et incertaine » la stratégie de consolidation de Clive Cowdery, et pointé du doigt l'opacité de la gouvernance du futur Resolution. Les dirigeants du véhicule d'investissement se partageraient notamment 10 % de la valeur créée par l'opération, soit autant de moins pour les actionnaires. Avec de telles conditions, nombre d'observateurs s'interrogeaient lundi sur la démarche de l'homme d'affaires, qui trouve aussi là un moyen de prouver son activisme à ses propres actionnaires.
Resolution devra donc revoir son offre à la hausse. Friends Provident, que l'on dit conseillé par Goldman Sachs et JPMorgan Cazenove, vaut au-delà de 1,5 milliard de livres (1,75 milliard d'euros) en Bourse. Le titre a été porté par l'intérêt de son concurrent. Mais « le prix sur embedded value est aujourd'hui de 53 %, et passerait à 58 % après conclusion de l'opération, à comparer à des moyennes de 80 % et 90 % dans le secteur en Grande-Bretagne et en Europe », soulignait lundi le bureau de recherche Keefe, Bruyette & Woods (KBW).
Les actionnaires de Friends Provident ne doivent cependant pas espérer une bataille boursière, estiment les analystes. Pearl Group, qui vient de se vendre à une coquille, est centré sur son désendettement, relève KBW. Les analystes de Panmure Gordon jugent quant à eux peu probable une contre-offre émanant d'un tiers avec une forte composante en numéraire, compte tenu de l'état des marchés.