Les marché européens ont commencé la semaine sur une note positive. Ils progressaient déjà à la mi-journée, consolidant leur rebond tardif de vendredi, sous l'effet conjugué de la remontée de l'euro et de la baisse des prix pétroliers. L'indice paneuropéen Eurotop 300 progressait de 0,95 %, tandis que le DJ Euro Stoxx 50 des valeurs vedettes de la zone euro gagnait 0,50 %. Les opérateurs remarquent que le marché restait nerveux, les investisseurs s'interrogeant toujours sur les perspectives des bénéfices de sociétés et se demandant si la reprise de l'euro sera durable. " Beaucoup ne veulent pas vraiment investir pour le moment, ils ne sont pas sûrs des perspectives en Amérique et ils attendent de voir s'il y a d'autres signes d'intervention sur la devise européenne ", commente l'un d'eux. " On commence dans une tendance haussière mais je pense que cela pourrait être la valse-hésitation plus tard ". Des analystes remarquent que rien ne permet de pronostiquer la fin prochaine de la correction entamée récemment. En fin de compte, les marchés ont réduit une partie de leurs gains en fin de séance, profitant toutefois de la fermeté du Nasdaq composite, à l'ouverture. L'indice DJ Euro Stoxx 50 gagnait en fin d'après-midi 0,80 %, tandis que FTSE-Eurotop 300 s'octroyait 1,11 %. La meilleure performance a été enregistrée par la Bourse de Stockholm (+1,53%) devant Paris (+1,24%).
Les valeurs de télécommunications se sont donc distinguées, et ce, après que Morgan Stanley Dean Witter a recommandé aux investisseurs de détenir beaucoup plus de valeurs du secteur que dans d'autres domaines d'activité : l'action KPN NV a gagné plus de 5 % en séance. Le titre a finalement conclu en hausse de 4,64 % à 25,95 euros. Vodafone Group a pris 2 65 % à 242,25 euros, Deutsche Telekom 5,45 % à 40,50 euros, dans la soirée. Ajoutons que Marconi a fait un bond de 10,43 % à 1038 pence.
United Pan-Europe Communications, numéro deux européen de la télévision par câble, a gagné 2,17 % à 23,05 euros. Philips Electronics a par ailleurs avancé de 3,48 % à 49,65 euros, les intervenants estimant que la chute de 6,8 % du titre, vendredi, était excessive. Le numéro deux européen a bénéficié de l'information selon laquelle son concurrent STMicroelectronics a augmenté de 40 % ses prévisions de croissance pour les semi-conducteurs en 2000. Par ailleurs, Philips va lancer la construction d'une nouvelle usine de semi-conducteurs en Allemagne dans le cadre d'une entreprise commune avec l'américain Standard MEMS. La division Philips semi-conducteurs et Standard MEMS investiront 160 millions de dollars pour la construction de cette unité de production qui sera située dans le nord de l'Allemagne. L'action ASM Lithography a avancé de 1,03 % à 38,14 euros. Son client, National Semiconductor Corp a enregistré un chiffre d'affaires trimestriel en hausse de 7 %, en raison de l'augmentation de la demande en puces pour équiper la téléphonie mobile.
Le numéro un allemand de l'énergie RWE a acquis la compagnie britannique Thames Water (+4,31% à 1210 pence), pour 7,1 milliards d'euros. L'offre se fait au prix de 12,15 livres par action Thames Water, soit un montant supérieur de 42,9 % par rapport à la moyenne du cours du britannique sur le dernier mois.
Les pétrolières affichaient en revanche de nets replis en séance, après que les Etats-Unis ont décidé de puiser dans les réserves stratégiques de pétrole pour éviter cet hiver une flambée de la facture de chauffage des ménages américains. En définitive, BP Amoco reculait de 2,30 % à 595 pence, et Royal Dutch Petroleum laissait 4,26 % à 67,35 euros. A noter que Commerzbank Securities a entamé lundi la couverture de BP, Shell Transport, et TotalFinaElf avec une recommandation " alléger ". Dans le même compartiment, elle commence la couverture du groupe italien pétrolier et gazier ENI avec " acheter ", celle de Royal Dutch à " vendre " et, enfin, celle du groupe Repsol-YPF à " conserver ".
L'action DaimlerChrysler a cédé 2,60 % à 51,40 euros, dans l'après-midi. Le groupe va créer très prochainement sa propre banque qui sera rattachée à sa filiale de services Debis, selon la presse allemande. Le constructeur chercherait ainsi à exploiter des services financiers à l'instar de ses concurrents BMW et Volkswagen qui possèdent leurs propres instituts avec des licences de banque. La société de leasing aéronautique Debis AirFinance, filiale de DaimlerChrysler, avait annoncé vendredi le lancement d'une offre de rachat en liquide de 872 millions d'euros sur sa concurrente irlandaise Aerfi en vue de créer le numéro trois mondial du secteur.
L'UBS (+2,05% à 248,50 francs suisses), première banque suisse, détient plus de 5 % de ses propres actions, a-t-elle annoncé. Selon la loi suisse sur l'actionnariat, tout dépassement de seuil de 5 % doit être publié, et au 19 septembre 2000, l'UBS détenait 21,558 millions de titres, soit le seuil à déclarer. En outre, via les produits dérivés, la banque contrôle 4,2 % supplémentaires de son capital.
s B. C