L'année 2012 devrait être marquée par des cessions dans le capital investissement. Sur les douze prochains mois, 69% des fonds en Europe prévoient en effet un accroissement des sorties, contre un pourcentage de 63% au niveau mondial, selon une étude réalisée en automne 2011 par Grant Thornton auprès de 144 dirigeants de fonds (dont une cinquantaine en Europe occidentale).
Les deux principaux catalyseurs de cette tendance «sont d'une part le retour des acquéreurs industriels qui, tout en augmentant la concurrence côté achat, apportent une importante source de liquidité, et d'autre part la pression ressentie par les sociétés d'investissement quant à leur cycle de levée de fonds et le besoin de déployer du capital et d'afficher des retours sur investissement», relève l'étude.
Alors que la voie des introductions en Bourse reste fermée, représentant pour le panel européen 1% des perspectives de sorties, les cessions industrielles sont privilégiées par 54% des fonds européens interrogés, contre 45% pour les LBO secondaires.
Côté investissement, les fonds européens sont 50% à prévoir une hausse de l'activité en 2012, contre 61% au niveau mondial. «Nous percevons un solide deal flow d'opération», souligne Arnaud Limal, associé chez Grant Thornton. Les entrepreneurs et les actionnaires familiaux, cités par 31% du panel européen comme principale source d'opérations (contre 47% et 20% pour les LBO secondaires et les désinvestissements de sociétés), «réapparaissent et recherchent des financements pour soutenir la croissance de leur société», indique Arnaud Limal.
Dans le domaine des levées de fonds, la majorité (51%) des acteurs européens mise sur une stabilité de la taille des véhicules levés. Alors qu'ils sont 46% à prévoir un accroissement, ce pourcentage s'élève à 56% au niveau mondial, portés par les pays émergents (83% pour les fonds en Asie Pacifique, 75% pour la zone des Bric (Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud) et 61% pour la zone Moyen-Orient et Afrique du Nord.
Parmi les plus grandes difficultés auxquelles est confronté le capital investissement, les risques macroéconomiques arrivent en tête, suivi par les nouvelles contraintes réglementaires et le renforcement de la concurrence. L'accès à la dette n'arrive qu'en neuvième position des défis cités par le panel au niveau mondial.