S'il a racheté récemment Bill Me Later, un spécialiste américain du crédit sur internet, PayPal mise plutôt sur les partenariats pour se développer en Europe. « Bill Me Later est destiné pour le moment au marché américain, notamment en raison des réglementations et scores spécifiques à chaque pays, explique Scott Thompson, président de PayPal, filiale du site d'enchères eBay. En France et dans cinq autres pays européens, nous travaillons avec BNP Paribas Personal Finance sur ce sujet pour bénéficier de l'expertise d'un acteur local. »
L'accord entre l'opérateur de paiement sur internet américain et la filiale de crédit à la consommation de BNP Paribas devrait prendre la forme d'une carte au logo de PayPal assortie d'une ligne de crédit renouvelable, dévoile Scott Thompson. « Cette offre sera bénéfique aux petits marchands qui ne proposent pas de paiement en ligne en plusieurs fois, comme certains grands sites, et ne font pas partie du réseau d'acceptation des cartes de crédit classiques », détaille-t-il. Paypal en bénéficiera aussi, via les intérêts d'emprunt. Mais cette carte ne devrait pas être lancée avant le deuxième trimestre 2010.
Par ailleurs, pour augmenter sa présence auprès des petits sites, PayPal a signé récemment des partenariats avec les plates-formes de monétique de Société Générale et de La Banque Postale pour toucher les PME et TPE clientes des deux banques. Avec, à la clé, un partage des commissions entre les deux parties. Sur le modèle de celle déjà signée en 2007 avec BNP Paribas, ces alliances permettent aux cybermarchands d'intégrer PayPal à la palette des solutions de paiement proposées à leurs clients, afin d'accroître leurs ventes. « PayPal apporte aux sites entre 5 % et 20 % de chiffre d'affaire additionnel », assure Patrick Flamant, responsable France d'Ogone, un éditeur de plates-formes de transactions.
Alternative au paiement par carte
Pour les marchands débutants, ce système peut même offrir une initiation au e-commerce, en raison de l'absence de coûts d'installation et de garanties financières comme celles exigées par les banques. « Il leur permet aussi de rassurer les internautes sur l'authenticité de leur site, notamment à l'export », constate Patrick Flamant.
PayPal, qui revendique 175 millions de comptes actifs dans le monde et 7 millions en France, offre une alternative à la carte bancaire. Selon une étude Médiamétrie/NetRatings de mai 2008 pour la Fédération du e-commerce et de la vente à distance (Fevad), 45 % des utilisateurs français jugent même ce service de paiement en ligne comme le plus sécurisé. Après avoir créé un compte virtuel PayPal, l'utilisateur peut en effet effectuer des achats sur internet sans dévoiler ses données bancaires, à l'aide de son seul identifiant PayPal. Son compte ou sa carte bancaire sont ensuite débités comme pour toute transaction.
Commissions élevées
Si la filiale d'eBay cherche aujourd'hui à essaimer auprès des petits marchands en France, son troisième marché européen, son accès aux géants du e-commerce reste plus difficile. Certes, son statut de banque luxembourgoise, acquis en 2007, renforce sa crédibilité. Les flux de transactions via PayPal ont crû de 75 % en France entre 2007 et 2008 pour atteindre 1 milliard d'euros, et la société est présente sur un site internet sur trois. Mais les transactions hors eBay, en B to C, s'élevaient seulement l'an dernier à 500 millions d'euros, sur les 20 milliards d'euros de volume d'affaire du e-commerce français.
Et PayPal est absent de quelques-uns des sites les plus fréquentés, comme PriceMinister, concurrent de eBay, Vente-privee.com ou encore Voyages-sncf.com. Son expansion est sans doute freinée par le montant de ses commissions. Elles sont comprises entre 1,4 % et 3,4 % du montant de chaque achat, avec des frais fixes de 0,25 euro par transaction, quand les banques françaises facturent entre 0,5 % et 1 % les paiements par carte Visa ou Mastercard. Dernier obstacle au développement de PayPal, sa faible présence auprès des sites de voyages, l'un des secteurs les plus en pointe, en raison d'un manque de compatibilité technique entre son système et les centrales de réservation. Signe que PayPal ne renonce par pour autant à séduire les grands comptes, une équipe de six personnes est chargée de les démarcher à Paris.
L'ACTIVITE EN FRANCE EN 2008
-7millions d'utilisateurs
-16.000 sites internet affiliés
-1milliard d'euros de transactions